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FESMUB 2026 : À Bignona, le Slam devient le souffle de la réconciliation et de l'éveil

Le week-end dernier, la commune de Bignona a vibré au rythme des mots. Pour son édition 2026, le Festival des Arts et Cultures Urbaines de Bignona (FESMUB) a transformé la parole en une arme de construction massive, réunissant des slameurs de tout le Sénégal pour briser les clichés et dessiner un avenir serein pour la Casamance.


Le Verbe comme rempart contre les préjugés

« Le Verbe a pris le pouvoir. » Cette phrase a résonné tout au long du festival, porté par l’Association des Arts et Cultures Urbaines de Bignona. Dans un contexte où la pression sociale se fait de plus en plus lourde, l'événement s'est fixé une mission claire : décompresser les esprits et, surtout, déconstruire l'image parfois négative qui colle encore à la région sud du pays.

Pour Momar Ndiaye, promoteur culturel et cheville ouvrière du FESMUB, ce rassemblement est une réponse concrète aux sceptiques.

« En Casamance, les gens s'épanouissent, se divertissent, mais portent aussi des projets culturels structurants capables de stabiliser le pays et de participer à la réconciliation nationale », a-t-il affirmé avec conviction.

 

Un plaidoyer pour le soutien des cultures de proximité

Malgré le succès populaire, l'amertume pointe sous les vers. Momar Ndiaye a profité de cette tribune pour lancer un appel pressant aux autorités locales et centrales. Il dénonce une fâcheuse tendance à ne soutenir que les artistes de renom lors d'événements purement lucratifs, au détriment des initiatives communautaires.

Selon le promoteur, un accompagnement conséquent est indispensable. Ce soutien ne doit pas seulement servir à l'organisation de spectacles, mais doit s'orienter vers la formation des jeunes aux métiers des arts, garantissant ainsi une professionnalisation du secteur et une pérennité des actions culturelles dans la région.

 

 

Le Slam : Éduquer pour mieux s'émanciper

Cette année, le slam n’a pas été choisi par hasard. Perçu comme un levier d’éducation et de sensibilisation, il s’impose comme un médium puissant pour éveiller les consciences face aux fléaux qui guettent la jeunesse : drogue, prostitution et dérives de la société moderne.

Le message porté par les artistes est direct : l’avenir ne se conjugue pas au futur, mais au présent. * Éveiller les consciences : Utiliser la poésie pour dénoncer les maux sociaux.

  • Inspirer le rêve : Encourager les jeunes à porter des projets pour atteindre l'autonomie financière.
  • Former : Utiliser l'art comme un outil d'apprentissage et de discipline.

 

Une trace indélébile pour un Sénégal pluriel

Alors que les rideaux tombent sur cette édition 2026, le FESMUB laisse derrière lui bien plus que des souvenirs sonores. Il a prouvé que la culture urbaine, par la force du mot et de l'engagement, est un ciment essentiel pour l'unité nationale. Bignona a montré, le temps d'un festival, le visage d'un Sénégal pluriel, réconcilié et résolument tourné vers l'excellence créative.

Mardi 14 Avril 2026
Amady Khalilou Diémé