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Djinaky : Un cri du cœur pour le désenclavement et l'accès à la santé

La commune de Djinaky a vibré au rythme de la 7e édition des « 72 heures du réseau des agents de santé communautaire ». Entre plaidoyers poignants pour le désenclavement et engagements financiers de la municipalité, l’événement a mis en lumière l’urgence sanitaire dans cette zone frontalière.


Par une matinée empreinte de solennité à Biti Biti pour cette activité qui devait se tenir à Essom Silathiaye, les acteurs de la santé, les autorités locales et les populations se sont réunis pour un objectif commun : l’adhésion massive à la santé communautaire. Mais derrière les discours de célébration, la réalité du terrain a rapidement repris ses droits.

Une zone « oubliée » aux défis multiples
Atab Sonko, Président du réseau Santé de la commune de Djinaky, n'a pas mâché ses mots pour décrire le quotidien des populations. Manque d'infrastructures routières, absence d'électricité, de réseaux téléphoniques et d'eau potable : le tableau est sombre, une situation qui affecte terriblement le secteur de la santé.
« Les ICP (Infirmiers Chefs de Poste) travaillent dans des conditions très difficiles. C’est un cri du cœur des populations. Ici, la monnaie courante est encore le Dalassie (monnaie gambienne), ce qui pose un véritable problème de souveraineté et d'appartenance », a-t-il martelé.
L'enclavement atteint son paroxysme durant l'hivernage, rendant l'évacuation des malades quasi impossible, même avec une ambulance, faute de routes praticables pour rallier la Nationale 5.

L'engagement fort de la municipalité
Face à ces doléances, le maire de la commune de Djinaky, Alphousseyni Amarata Diémé, a tenu à rassurer ses administrés. Chiffres à l'appui, l’édile a révélé que plus de 30 millions de FCFA ont été injectés par le conseil municipal dans le secteur de la santé.
Ces fonds ont servi à :
  • L'équipement et la construction d'infrastructures sanitaires.
  • L'achat de produits d'entretien et d'hygiène pour les postes de santé.
  • La dotation en carburant pour faciliter les visites à domicile des agents de terrain.
Le maire a également annoncé que le bâtiment du nouveau poste de santé de Biti Biti est « sorti de terre » et devrait être achevé avant les prochaines pluies.
Un appel au « Projet » de Diomaye et Sonko
L'événement a également servi de tribune pour interpeller les nouvelles autorités nationales. Atab Sonko a explicitement sollicité le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier Ministre Ousmane Sonko pour un plan de désenclavement d’urgence. La demande est précise : la mise à disposition d'ambulances médicalisées pour les zones critiques de Biti Biti, Essom Silathiaye et Baranlire.

De son côté, le parrain de l'événement, Médoune Goudiaby, a rappelé que la santé ne doit plus être le domaine réservé des seuls professionnels, mais une « affaire de tous ». Il a invité la jeunesse, « espoir de la nation », à s'impliquer davantage pour bâtir un système de santé résilient et durable.

Alors que les rideaux sont tombés sur cette 7e édition, l'espoir demeure que cet appel de la forêt casamançaise trouve un écho favorable au sommet de l'État, pour que les populations de Djinaky se sentent, enfin, pleinement « sénégalaises » dans leur accès aux soins.
Mardi 14 Avril 2026
Amady Khalilou Diémé