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Commune de Niamone : Le village de Tobor maintient son « non » catégorique au projet de décharge d'ordures

Face à la presse ce vendredi, le collectif citoyen opposé à la décharge de Boutoumal a formellement démenti les propos du maire de Niamone, qui affirmait que les populations avaient donné leur accord. Les contestataires dénoncent un projet « illégal » et une véritable « bombe à retardement » environnementale.


La tension ne retombe pas dans la commune de Niamone, plus particulièrement dans le village de Tobor. Réunis en collectif, les habitants, la jeunesse de Boutoumal, le Mouvement des Cadres et Intellectuels ainsi que des citoyens engagés ont fait face aux journalistes ce vendredi. Objectif : apporter un démenti formel aux récentes déclarations du maire de la commune, qui soutenait que le projet d'implantation d'une unité de tri et de collecte des déchets avait finalement reçu l'assentiment des populations locales.

« À aucun moment, les populations concernées n'ont donné leur accord à ce projet », a martelé Omar Fonde Coly, porte-parole du collectif de lutte contre la décharge de Boutoumal installée à Tobor.

 

 

Des irrégularités et des « vices de forme » dénoncés

Pour les opposants au projet, la démarche de la municipalité souffre de graves manquements juridiques et administratifs. Le collectif met en avant trois arguments principaux pour justifier son rejet :

  • Un démarrage prématuré : Les activités liées au projet auraient débuté sur le terrain avant même la finalisation complète des conventions administratives requises.
  • Un manque de transparence : Les conseillers municipaux et les acteurs locaux n'auraient pas été informés à temps ni de manière complète pour évaluer les réels enjeux du projet.
  • Le non-respect du Code de l'environnement : Le collectif dénonce l'absence d'études d'impact environnemental préalables et le manque de consultations inclusives auprès des premiers concernés.

Qualifiant l'initiative de « précipitée » et « techniquement mal préparée », le porte-parole a alerté sur les risques majeurs qui pèsent sur la localité. Selon lui, installer une telle structure dans ces conditions revient à placer « une véritable bombe à retardement » aux conséquences sanitaires, agricoles et écologiques potentiellement désastreuses pour les générations futures. De plus, les capacités techniques de la municipalité actuelle pour piloter un dossier aussi sensible ont été ouvertement remises en question.

 

 

Le regard tourné vers la justice

Le bras de fer ne se joue plus seulement dans l'arène médiatique, il est désormais suspendu à la décision des tribunaux. L'affaire est en effet pendante devant la justice sénégalaise. Après l'audition de toutes les parties prenantes, le collectif affirme attendre le procès avec « sérénité et confiance », convaincu que le droit sera dit de manière impartiale face aux irrégularités soulevées.

 

 

Un appel à la mobilisation et à la responsabilité politique

Précisant que leur combat n'est dirigé « contre aucune personne » mais reste guidé par la préservation de la santé publique et de l'environnement, les membres du collectif ont lancé un appel solennel aux autorités administratives, coutumières et religieuses pour qu'elles sortent de leur mutisme.

Le collectif a également interpellé directement les jeunes de la mouvance présidentielle locale, leur demandant de clarifier publiquement leur position : rejoindre la contestation populaire ou assumer leur soutien au maire.

Bien qu'ils se disent ouverts à un dialogue « sincère, transparent et respectueux des lois », les manifestants restent inflexibles sur leur objectif final : ils promettent de poursuivre la lutte jusqu'à l'arrêt immédiat et définitif de toute activité sur le site de Tobor.

Vendredi 29 Mai 2026
Amady Khalilou Diémé