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Ziguinchor : À la mosquée de Boucotte, l’Imam Cheikh Alioune Sow prône le retour aux valeurs et recadre les attentes politiques

À l’instar de la communauté musulmane sénégalaise, la ville de Ziguinchor a célébré la Tabaski ce jeudi dans la ferveur et le recueillement. À la grande mosquée de Boucotte, c’est l’Imam Cheikh Alioune Sow qui a dirigé la prière des deux rakas devant une foule de plusieurs centaines de fidèles. Dans son sermon, le guide religieux a mis l’accent sur la dimension spirituelle et comportementale de l'islam, avant de jeter un regard critique et sans concession sur l'actualité politique nationale.


Un appel vibrant au retour vers le Coran et la Sunna

Loin de se limiter au rituel du sacrifice, l’Imam Cheikh Alioune Sow a fermement rappelé le sens profond de la célébration de l'Aïd el-Kébir. Pour lui, être musulman ne se résume pas à une pratique extérieure ou mécanique de la foi.

« Nous, on pense que la religion, c'est prier dans les mosquées, faire le jeûne... et on oublie qu'on doit avoir un bon cœur », a-t-il déploré.

Le guide religieux a invité les fidèles à opérer un retour sincère vers les fondamentaux de l'islam en cas de doute : le Coran et la Sunna. Insistant sur les relations humaines, il a rappelé l'importance de la bienveillance envers le prochain, la famille et les voisins, tout en fustigeant la médisance et la calomnie, des dérives « qui font fâcher le Seigneur ».

 

 

Cap sur 2029 : L'Imam exige des résultats et balaie le bruit politique

Interrogé par les journalistes sur les tensions et les remous qui agitent la scène politique nationale actuelle, l'Imam Sow a adopté une posture d’une neutralité tranchante. Refusant de s'immiscer dans les querelles de palais entre le président de la République et son ex Premier ministre, il a recentré le débat sur l'essentiel : le mandat et le bilan.

« Sur la situation du pays, moi, que ce soit le président, son premier ministre, je n'ai rien à dire entre eux. Ils se connaissent très bien, moi, je ne les connais pas. Moi, ce que je connais, c'est que nous, on les a élus à 54% pour qu'ils donnent des résultats en 2029 », a martelé le religieux.

Affichant un désintérêt total pour le « bruit de fond » de l'actualité politique immédiate, l’Imam de Boucotte a rappelé aux gouvernants l'unique feuille de route qui vaille aux yeux des Sénégalais : honorer la confiance de l'électorat qui les a portés au pouvoir.

« Tout ce qui est en train de se passer, ce n’est pas la raison pour laquelle la population a voté pour eux », a-t-il conclu, donnant rendez-vous au pouvoir en place à l'heure du bilan, à la fin de leur mandat. Un message fort, qui résonne comme un rappel à l'ordre direct depuis le sud du pays.

Jeudi 28 Mai 2026
Amady Khalilou Diémé