« 5 à 10 ans de prison » : L’Imam exige la fermeté
C’est un plébiscite sans nuance. Évoquant la proposition de loi visant à durcir les sanctions contre l’homosexualité au Sénégal, l’Imam a appelé l’Assemblée nationale et le gouvernement à ne pas reculer d'un iota.
« On encourage à 100% le gouvernement d'aller de l'avant », a-t-il martelé, faisant référence à des peines de prison allant de 5 à 10 ans.
Pour lui, le combat n’est pas seulement législatif, il est social et frontal. L’homme de religion a d’ailleurs lancé un avertissement glacial aux défenseurs des droits de la communauté LGBTQ+ : « Les gens qui dénoncent ça et qui veulent aider les homosexuels, on les attend à pied ferme. » ### Le procès de l’éducation familiale L’Imam Sow ne s’est pas arrêté à la sphère politique ; il a pointé un doigt accusateur vers le salon des Sénégalais. Selon lui, la « propagation » de l’homosexualité est le symptôme d'une démission parentale généralisée. « C'est les parents qui ont failli à leur éducation », a-t-il fustigé, rappelant aux fidèles que chaque parent devra « rendre compte à Dieu » de la moralité de sa progéniture. Un appel à la surveillance accrue dans les quartiers et les maisons pour étouffer des « comportements » jugés déviants.
Croisade contre l'Occident et « la guerre contre l'Islam »
Le sermon a pris une dimension géopolitique explosive dans sa seconde partie. L'Imam a vigoureusement dénoncé les conflits dans le Golfe, y voyant une machination orchestrée contre la Oumma islamique.
L'attaque la plus virulente a été réservée à la politique étrangère américaine et à la passivité, voire la complicité, de certains pays musulmans. « On ne peut pas comprendre les musulmans qui prennent leur pays de base pour aller combattre un autre pays musulman », s'est-il indigné, qualifiant la situation de « guerre contre l'Islam ».
Faute de pouvoir « prendre les fusils » contre les États-Unis, l’Imam a appelé à une résistance par la parole et la foi, exhortant les musulmans à proclamer haut et fort leur désaccord face à l’hégémonie occidentale.
Ce sermon de la Korité à Boucotte restera sans doute dans les mémoires comme l’un des plus offensifs de ces dernières années, illustrant une fracture de plus en plus profonde entre les valeurs religieuses locales et les pressions diplomatiques internationales.
