ZIGUINCHOR — C'est une démarche axée sur l'anticipation et la proximité que le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le Dr Cheikhou Oumar Ba, a initiée dans le département de Bignona. Représentant à lui seul 72 % du territoire régional, ce secteur constitue un levier majeur pour transformer le potentiel agricole de la Casamance en performances concrètes, conformément aux directives de la Présidence de la République.
Des initiatives locales à fort impact socio-économique
La première étape de cette mission s'est déroulée à Diabir (commune d’Oulampane), où le ministre a visité une exploitation d’arachide de 50 hectares portée par huit ménages. Utilisant la traction bovine et des équipements subventionnés par l’État, ce projet témoigne de la volonté gouvernementale de soutenir les producteurs à la base.
La délégation s'est ensuite rendue à Tobor (commune de Niamone) pour découvrir la ferme écologique de l’entrepreneur Papis Badiane. Véritable modèle de diversification sur deux hectares, l'exploitation combine maraîchage sous serre, fertigation, compostage, pisciculture et culture de cocotiers nains. Au-delà de sa production, la structure joue un rôle clé dans la formation et l'insertion professionnelle : elle compte huit employés permanents et a déjà formé 46 stagiaires venus de diverses régions du Sénégal (de Kédougou à Cambérène) ainsi que de pays voisins comme la Gambie.
« Il est important de ne pas attendre que les problèmes se posent pour chercher des solutions, mais d'anticiper. Rencontrer les acteurs sur le terrain nous permet de comparer les données techniques à la réalité vécue par les populations, » a souligné le Dr Cheikhou Oumar Ba lors de son allocution.
Synergie, mécanisation et insertion durable de la jeunesse
Face au défi démographique — plus de 75 % de la population sénégalaise ayant moins de 35 ans —, le ministre a insisté sur la nécessité d'harmoniser les initiatives de l'État, du secteur privé et des collectivités territoriales.
Pour répondre aux enjeux majeurs soulevés lors de la visite, le ministère a annoncé plusieurs axes d'intervention :
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Mise en cohérence des financements : Mobilisation conjointe des dispositifs d'appui (DER, projet PROVAL-CV) pour accompagner les jeunes et les femmes vers une installation durable, en s'appuyant sur des centres de formation de référence.
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Accélération de la mécanisation : Déploiement national sous forme de subventions de 500 mini-tracteurs et 500 motoculteurs, avec pour objectif la création de CUMA (Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole).
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Valorisation des infrastructures : Concertation avec la SODAAGRI et les partenaires locaux pour exploiter pleinement le potentiel du barrage d'Affiniam.
Une rencontre de concertation coordonnée par le Préfet de la région sera très prochainement organisée avec les jeunes promoteurs pour rationaliser les démarches d'insertion.
L'agroécologie au cœur de la souveraineté alimentaire
Présente lors de cette tournée, Absa Mbodj, coordonnatrice de la Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal (DITAES), s'est réjouie de l’attention accordée par les autorités à ces pratiques durables.
Les 3 recommandations clés de la DITAES :
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Mise à l'échelle des engrais organiques : Développer des filières locales de production de compost et d'amendements afin d'améliorer la santé des sols.
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Partenariat territorial : S'appuyer sur les réseaux locaux (DITAEL) pour dupliquer les fermes modèles à travers les territoires.
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Intégration stratégique : Inscrire officiellement ces modèles de fermes polyvalentes dans la Feuille de route de la Stratégie nationale de transition agroécologique.
En concluant sa visite, le Dr Cheikhou Oumar Ba a réaffirmé la détermination du gouvernement à soutenir les initiatives locales créatrices d'emplois, réitérant que la souveraineté alimentaire du pays passe par des exploitations modernes, diversifiées et respectueuses de l'environnement.
