En Casamance, la célébration de la Journée internationale de la paix s'est déclinée cette année sous un prisme éminemment territorial : « Autonomisation et dignité retrouvée pour un retour réussi des déplacés de la Casamance ». Une contextualisation assumée par les organisateurs face aux réalités socio-économiques et humaines de la région.
Pour Léonie Gomis, vice-présidente de la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance, les personnes de retour font face à une épreuve complexe : « Quand on se déplace, on subit un déracinement. Et quand on revient, on subit un autre déplacement après s'être implanté ailleurs. Elles ont un réel besoin de soutien pour se tenir debout. » Soulignant le rôle pivot des femmes dans la cohésion familiale et communautaire, elle rappelle que l'investissement dans leur autonomie est un préalable au développement local, citant la formule consacrée : « L'autre nom de la paix, c'est le développement ».
Afin de structurer l'accompagnement des populations, la plateforme s'appuie sur une démarche scientifique. Après une première étude menée dans les départements de Ziguinchor, d'Oussouye et de Goudomp, les résultats d'une seconde enquête ciblant trois villages du département de Bignona ont été restitués.
Cette dynamique s'est accompagnée d'actions concrètes, notamment l'organisation d'un mini-forum et d'un « marché des retournés ». Cet espace a permis aux femmes issues des zones déplacées de commercialiser leurs productions et d'échanger avec des partenaires techniques, financiers ainsi que des groupements d'intérêt économique (GIE) régionaux.
Présente lors de la rencontre pour représenter la tutelle ministérielle, Mme Sarr Ndèye Gnilane Faye, directrice du Centre National d'Assistance et de Formation pour la Femme (CNAFF), a rappelé les orientations gouvernementales à travers le Plan Diomaye pour la Casamance. Elle a réaffirmé l'engagement de l'État à déployer des programmes axés sur l'éducation, la formation de la jeunesse et l'autonomisation économique des femmes.
Un appel à faire évoluer les discours a également été lancé par ONU Femmes, partenaire historique des initiatives de paix dans la région. Amadou Yanda Sagna, chargé de programme pour le bureau Sud, a invité à dépasser la simple évocation binaire du conflit : « Il faut arrêter de répéter constamment "conflit, paix". Nous devons parler davantage d'autonomisation, de résilience, de cohésion sociale et de dignité. »
S'appuyant sur la résolution 1325 des Nations Unies (Femmes, Paix et Sécurité), il a souligné que la stabilité durable repose sur l'offre d'opportunités économiques et de services essentiels. « Si les populations disposent d'infrastructures de base et de quoi vivre dignement, les facteurs de précarité s'estompent », a-t-il affirmé.
Sur le terrain, plusieurs freins entravent encore la pérennité du retour des populations :
Pour Léonie Gomis, vice-présidente de la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance, les personnes de retour font face à une épreuve complexe : « Quand on se déplace, on subit un déracinement. Et quand on revient, on subit un autre déplacement après s'être implanté ailleurs. Elles ont un réel besoin de soutien pour se tenir debout. » Soulignant le rôle pivot des femmes dans la cohésion familiale et communautaire, elle rappelle que l'investissement dans leur autonomie est un préalable au développement local, citant la formule consacrée : « L'autre nom de la paix, c'est le développement ».
Afin de structurer l'accompagnement des populations, la plateforme s'appuie sur une démarche scientifique. Après une première étude menée dans les départements de Ziguinchor, d'Oussouye et de Goudomp, les résultats d'une seconde enquête ciblant trois villages du département de Bignona ont été restitués.
Cette dynamique s'est accompagnée d'actions concrètes, notamment l'organisation d'un mini-forum et d'un « marché des retournés ». Cet espace a permis aux femmes issues des zones déplacées de commercialiser leurs productions et d'échanger avec des partenaires techniques, financiers ainsi que des groupements d'intérêt économique (GIE) régionaux.
Présente lors de la rencontre pour représenter la tutelle ministérielle, Mme Sarr Ndèye Gnilane Faye, directrice du Centre National d'Assistance et de Formation pour la Femme (CNAFF), a rappelé les orientations gouvernementales à travers le Plan Diomaye pour la Casamance. Elle a réaffirmé l'engagement de l'État à déployer des programmes axés sur l'éducation, la formation de la jeunesse et l'autonomisation économique des femmes.
Un appel à faire évoluer les discours a également été lancé par ONU Femmes, partenaire historique des initiatives de paix dans la région. Amadou Yanda Sagna, chargé de programme pour le bureau Sud, a invité à dépasser la simple évocation binaire du conflit : « Il faut arrêter de répéter constamment "conflit, paix". Nous devons parler davantage d'autonomisation, de résilience, de cohésion sociale et de dignité. »
S'appuyant sur la résolution 1325 des Nations Unies (Femmes, Paix et Sécurité), il a souligné que la stabilité durable repose sur l'offre d'opportunités économiques et de services essentiels. « Si les populations disposent d'infrastructures de base et de quoi vivre dignement, les facteurs de précarité s'estompent », a-t-il affirmé.
Sur le terrain, plusieurs freins entravent encore la pérennité du retour des populations :
- Le déficit d'infrastructures de base : L'absence d'écoles ou de postes de santé dans certains villages empêche le retour complet des familles, les enfants restant souvent dans les centres urbains d'accueil.
- La nécessité du déminage : Plusieurs zones nécessitent la poursuite des opérations de dépollution pour garantir la sécurité des déplacements et des travaux agricoles.
- La prévention des litiges fonciers : La réoccupation des terres abandonnées pendant plusieurs années exige un encadrement rigoureux pour éviter l'émergence de nouveaux conflits locaux.
- Le désenclavement : L'isolement géographique de certaines localités, où la végétation a repris ses droits, requiert des investissements lourds en aménagement routier et sanitaire.
