KATABA (Bignona) – Le village de Mahmouda, situé dans la commune de Kataba, a vibré au rythme d’une vaste initiative solidaire. Des centaines d'habitants venus de toute la zone du Naran (département de Bignona) se sont mobilisés pour bénéficier de journées de consultations médicales entièrement gratuites.
Au total, l'équipe médicale a pris en charge 472 patients, témoignant du besoin criant d'assistance médicale dans la région. Parmi eux, 147 enfants ont pu recevoir des soins adaptés.
Un tableau clinique marqué par les maladies chroniques
Sur le terrain, les spécialistes ont fait face à une diversité de pathologies touchant toutes les tranches d'âge. Selon le Professeur Ansoumana Diatta, les diagnostics posés révèlent une prédominance de pathologies chroniques et d'affections courantes :
- Maladies cardiovasculaires et métaboliques : Forte prévalence de l'hypertension artérielle et plusieurs cas de diabète.
- Troubles ostéo-articulaires et digestifs : De nombreux cas d'arthrose ainsi que des épigastralgies (douleurs de l'estomac évoquant principalement des ulcères).
- Autres affections : Des cas fréquents de dermatoses et diverses autres pathologies ont également été traités.
Le calvaire de l'isolement et des routes impraticables
Au-delà du bilan médical, cette initiative a mis en lumière la réalité poignante du quotidien des riverains. Mahmouda et ses environs pâtissent d'un enclavement sévère qui se transforme en véritable défi logistique dès l'arrivée de l'hivernage.
L’accès à la localité relève du parcours du combattant. Les routes fortement dégradées rendent les déplacements périlleux, particulièrement pour les personnes vulnérables.
« L'état des routes ne permet pas à certaines couches vivantes, notamment les femmes enceintes, d'escalader des reliefs chaotiques avant de pouvoir atteindre une maternité située parfois à 10 ou 15 kilomètres », a déploré le Professeur Ansoumana Diatta.
Le cri du cœur : Un poste de santé et une maternité d'urgence
Pour une population locale estimée entre 3 000 et 4 000 habitants, l’absence totale de structure de santé de proximité constitue une menace permanente pour la vie des citoyens.
Face à ce constat critique, le Professeur Diatta a lancé un appel vibrant aux autorités pour une décentralisation effective des services de santé dans ces zones frontalières souvent oubliées. La priorité absolue demeure la construction immédiate :
- D'un poste de santé dûment équipé pour assurer les soins de premier recours.
- D'une maternité pour sécuriser la santé maternelle et infantile.
Ces journées médicales gratuites ont apporté un soulagement ponctuel mais salutaire. Elles rappellent toutefois l'urgence d'une réponse structurelle pour que le droit à la santé devienne une réalité permanente pour les populations du Naran.
