Bignona– L’affluence record observée ce week-end lors de la journée de consultations gratuites organisée à Bignona n’est pas seulement le signe d’un succès logistique ; c’est surtout le symptôme d’un manque criant de spécialistes. Depuis le départ du dernier docteur en ophtalmologie, la commune et ses environs se retrouvent dans une impasse sanitaire que le maire, Bakary Diatta, ne veut plus passer sous silence.
Un appel pressant à l’État
« Bignona souffre », a martelé l'édile. Selon Bakary Diatta, le déficit en infrastructures de base est aggravé par l'absence de prise en charge spécialisée pour les pathologies de la vue. « Depuis le départ du docteur ophtalmologue qui était là, Bignona ne parvient plus à subvenir aux besoins sanitaires dans ce domaine », déplore-t-il.
Le maire a profité de la présence des médias pour lancer un appel direct au gouvernement : « Nous demandons à l’État du Sénégal de nous affecter, dans un premier temps, un technicien en ophtalmologie, un docteur capable de gérer ces problèmes. Aujourd'hui, les gens traînent avec leurs souffrances et leurs difficultés faute de prise en charge. »
Une forte mobilisation citoyenne
Pour pallier cette urgence, la municipalité a noué un partenariat avec l'association Utukaza, venue en renfort après un report technique de l'activité initialement prévue avec l'organisation locale Kamben Urukal.
Le succès de cette journée de solidarité a été sans appel. Des populations venues de tous les quartiers, y compris de Tenghory, ont pris d'assaut les lieux de consultation. Fait notable : l'implication des forces de défense et de sécurité, qui ont également répondu à l'appel, témoignant de l'ampleur du besoin au sein de toutes les couches de la société.
L'optique, un luxe inaccessible ?
Au-delà des pathologies lourdes, le maire a insisté sur les besoins en optique (verres correcteurs), un service devenu quasi inexistant pour le citoyen moyen de la localité. En attendant une réponse favorable du ministère de la Santé, les populations de Bignona doivent s'en remettre à la médecine itinérante et aux journées de bienfaisance pour espérer, un jour, retrouver une vue claire.
