KATABA 1 (Bignona) — Relier les villages de la commune de Kataba 1 relève quotidiennement du parcours du combattant. En période hivernale, la situation devient impraticable : chaussées inondées, véhicules embourbés et villages isolés. Face au silence prolongé des autorités centrales, l'exécutif municipal a décidé de prendre les devants.
Un soulagement d'urgence salué par la communauté
Sur le terrain, la mobilisation des engins de chantier tranche avec le sentiment d'abandon qui prévalait jusqu'ici. Grâce à un partenariat d'urgence avec l'entreprise ZSNT, la municipalité a déployé cinq camions, une pelle mécanique et un nivelant pour réhabiliter les tronçons les plus critiques de la traversée.
Un geste vivement salué par Moufta Haïdara, notable et habitant de Darou Salam Chérif, s'exprimant au nom du Khalife : « C'est un travail que nous avons longtemps sollicité auprès des autorités administratives sans obtenir d'écho. Aujourd'hui, le maire nous a soulagés. Ce qui est en train de se faire mérite l'attention de tout le monde. »
Un axe stratégique, économique et religieux asphyxié
Si la réfection de cette piste suscite autant d'émotion, c'est en raison de son enjeu vital pour le département de Bignona et la région naturelle de la Casamance.
Sur le plan économique, le secteur du Narang concentre entre 60 % et 70 % des produits forestiers du secteur. Faute de route praticable vers les marchés nationaux comme Bignona, l'économie locale subit une fuite des ressources : une grande partie des récoltes et des produits agricoles est détournée vers la Gambie voisine. Plus grave encore sur le plan humanitaire et sanitaire, les difficultés de circulation contraignent souvent les habitants à évacuer leurs malades de l'autre côté de la frontière gambienne.
Sur le plan religieux, Dar Es Salaam El Chérif et Dar Khairou constituent des cités saintes d'envergure internationale. Chaque semaine, et particulièrement lors des grandes Ziaras annuelles organisées en août, des milliers de fidèles venus du Sénégal, de Gambie, de Mauritanie et des deux Guinées s'y rendent pour des prières et le recueillement. L'état dégradé des voies d'accès décourageait jusqu'alors de nombreux pèlerins et freinait considérablement le flux de trafic.
L'appel des maires à l'État : désenclaver la Casamance
Pour le maire de Kataba 1, Alassane Diatta, ces travaux de rechargement ne constituent qu'une réponse temporaire face à l'immensité des besoins.
« La commune fait 714 km², compte 35 villages et plus de 30 000 habitants. Malheureusement, aucune route n'y est en bon état. Cela plombe le développement, l'épanouissement de nos populations et le tourisme religieux », déplore le premier magistrat de la commune.
Bien que la municipalité exprime sa gratitude envers les autorités préfectorales pour leur écoute, elle rappelle que les collectivités locales n'ont pas les moyens financiers de bitumer de telles distances. Le maire d'interpeller directement l'État central pour une prise en charge pérenne de ces axes stratégiques, notamment à travers des programmes structurants tels que le Plan Diomaye pour la Casamance ou le l'ANRAC.
À quelques semaines des grandes rassemblements religieux de l'hivernage, les engins s'activent pour rendre la route praticable. Mais pour les populations du Narang, le véritable soulagement ne viendra que le jour où l'asphalte remplacera définitivement la piste.
Un soulagement d'urgence salué par la communauté
Sur le terrain, la mobilisation des engins de chantier tranche avec le sentiment d'abandon qui prévalait jusqu'ici. Grâce à un partenariat d'urgence avec l'entreprise ZSNT, la municipalité a déployé cinq camions, une pelle mécanique et un nivelant pour réhabiliter les tronçons les plus critiques de la traversée.
Un geste vivement salué par Moufta Haïdara, notable et habitant de Darou Salam Chérif, s'exprimant au nom du Khalife : « C'est un travail que nous avons longtemps sollicité auprès des autorités administratives sans obtenir d'écho. Aujourd'hui, le maire nous a soulagés. Ce qui est en train de se faire mérite l'attention de tout le monde. »
Un axe stratégique, économique et religieux asphyxié
Si la réfection de cette piste suscite autant d'émotion, c'est en raison de son enjeu vital pour le département de Bignona et la région naturelle de la Casamance.
Sur le plan économique, le secteur du Narang concentre entre 60 % et 70 % des produits forestiers du secteur. Faute de route praticable vers les marchés nationaux comme Bignona, l'économie locale subit une fuite des ressources : une grande partie des récoltes et des produits agricoles est détournée vers la Gambie voisine. Plus grave encore sur le plan humanitaire et sanitaire, les difficultés de circulation contraignent souvent les habitants à évacuer leurs malades de l'autre côté de la frontière gambienne.
Sur le plan religieux, Dar Es Salaam El Chérif et Dar Khairou constituent des cités saintes d'envergure internationale. Chaque semaine, et particulièrement lors des grandes Ziaras annuelles organisées en août, des milliers de fidèles venus du Sénégal, de Gambie, de Mauritanie et des deux Guinées s'y rendent pour des prières et le recueillement. L'état dégradé des voies d'accès décourageait jusqu'alors de nombreux pèlerins et freinait considérablement le flux de trafic.
L'appel des maires à l'État : désenclaver la Casamance
Pour le maire de Kataba 1, Alassane Diatta, ces travaux de rechargement ne constituent qu'une réponse temporaire face à l'immensité des besoins.
« La commune fait 714 km², compte 35 villages et plus de 30 000 habitants. Malheureusement, aucune route n'y est en bon état. Cela plombe le développement, l'épanouissement de nos populations et le tourisme religieux », déplore le premier magistrat de la commune.
Bien que la municipalité exprime sa gratitude envers les autorités préfectorales pour leur écoute, elle rappelle que les collectivités locales n'ont pas les moyens financiers de bitumer de telles distances. Le maire d'interpeller directement l'État central pour une prise en charge pérenne de ces axes stratégiques, notamment à travers des programmes structurants tels que le Plan Diomaye pour la Casamance ou le l'ANRAC.
À quelques semaines des grandes rassemblements religieux de l'hivernage, les engins s'activent pour rendre la route praticable. Mais pour les populations du Narang, le véritable soulagement ne viendra que le jour où l'asphalte remplacera définitivement la piste.
