Un constat alarmant : la sécurité et l'accès aux écoles en question
Pour Arthur Diagne, si le premier report accordé par les autorités gouvernementales allait dans le bon sens, il reste largement insuffisant au vu des conditions météorologiques actuelles et des prévisions de nouvelles précipitations. Le principal point de préoccupation ne réside pas uniquement dans l'état des bâtiments scolaires, mais surtout dans l'inaccessibilité des infrastructures routières :
« Ce n'est pas seulement sortir les eaux des écoles ou des maisons, c'est l'état des routes qu'il faut pratiquer. Un élève ne peut pas faire 7 à 10 kilomètres dans la boue, sur des voies argileuses semées de briques et bordées de cavités profondes, sans risquer de se blesser gravement. »
Évoquant des risques majeurs de chutes, de fractures et de blessures face à la montée des eaux — des réalités partagées par de nombreuses localités de Dakar jusqu’à Ziguinchor —, M. Diagne rappelle la précarité financière des familles face aux dépenses de santé :
« Si un enfant se blesse en cours de route, l'État ne prend en charge ni les soins ni les médicaments. De plus, la majorité des établissements publics comme privés ne disposent même pas de trousse de premiers secours. Les frais médicaux reposent entièrement sur les épaules des parents. »
Un calendrier scolaire perturbé par les JOJ
L'autre argument avancé par le représentant des parents d'élèves repose sur la cohérence du calendrier pédagogique. L'organisation imminente des Jeux Olympiques de la Jeunesse devant entraîner la participation des jeunes et, par conséquent, une suspension temporaire des cours à la fin du mois d'octobre, M. Diagne plaide pour une réorganisation globale.
Plutôt que d'amorcer des cours destinés à être interrompus au bout de deux semaines, l'APE préconise une suspension continue pour permettre le drainage complet des eaux, le séchage des voies d'accès et une reprise sereine de l'année académique début novembre.
L'appel aux parents à « prendre leurs responsabilités »
Face à ce qu'il qualifie de mise en danger des élèves, Arthur Diagne interpelle directement le ministre de l’Éducation nationale, le ministre de l’Enseignement supérieur et le ministre de la Formation professionnelle. Mais il lance également un appel solennel à la communauté éducative locale :
« Si l'État ne prend pas ses responsabilités, j'ai demandé à notre association et aux parents de retenir leurs enfants à la maison jusqu'au mois de novembre. Mieux vaut perdre un mois de cours plutôt que trois mois d'hospitalisation. »
Le président de l'APE conclut en rappelant que le cadre réglementaire accorde aux familles la possibilité d'inscrire leurs enfants jusqu'au 31 décembre, invitant ainsi à ne pas céder à la précipitation au détriment de la sécurité physique des apprenants.
