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Casamance (Sénégal) et Guinée-Bissau : À Élalap, les Retrouvailles de la Paix célèbrent 13 ans d’intégration transfrontalière

Élalap (Guinée-Bissau) – Une véritable marée humaine s'est rassemblée dans le village frontalier d'Élalap à l'occasion de la 13ᵉ édition des Retrouvailles Internationales de la Paix et de l'Intégration. Initié en 2012 par l’Alliance sénégalo-guinéenne pour la paix et l'intégration (fondée en 2010), cet événement itinérant continue de restaurer la confiance et de resserrer les liens séculaires ébranlés par des années de conflit en Casamance.


Une mobilisation record et un engagement communautaire fort
Interrogé lors de l'événement, Daouda Diédhiou, président de l'Alliance, s’est félicité de l’engouement exceptionnel de cette édition 2026. Des populations venues de divers horizons – d'Éramé, de Youtou, de Kassou Guinée, de Kassou Sénégal, de Kouring, d’Etafoune et de Kaguitte – ont fait le déplacement jusqu’à Élalap en territoire Bissau Guinéen, surpassant largement la participation des éditions précédentes.
Au-delà des célébrations culturelles et sportives, ces retrouvailles placent l'investissement humain au cœur de leur mission. Concrètement, les participants se sont retrouvés dès les premières heures de la journée sur le chantier d’une digue anti-sel pour protéger les terres agricoles du village. Un travail communautaire qui se poursuivra dans les jours à venir afin de sécuriser l'ouvrage et de préserver les rizières locales.
 
Désenclavement et commerce licite : l'appel pressant aux autorités
Pour le président de l'Alliance, la pérennité de la paix passe inévitablement par des aménagements structurels. Daouda Diédhiou a lancé un appel direct aux gouvernements sénégalais et bissau-guinéen pour accompagner les populations frontalières :
•            Infrastructures de désenclavement : Construction de digues, de ponts artisanaux et mise à disposition de pirogues pour faciliter la navigation fluviale et briser l'isolement des terroirs.
•            Facilitation des échanges commerciaux : Un allègement des procédures douanières et des taxations pour soutenir les commerçants (notamment les banabanas) approvisionnant ces zones à faible production céréalière.
•            Régulation ciblée : L'Alliance insiste sur la promotion exclusive d'un commerce licite, afin d'assurer une mobilité sécurisée des personnes et des biens tout en luttant contre les trafics informels.

 
Aller au-delà du sport et transmettre le flambeau à la jeunesse
Si le sport demeure un levier majeur de rassemblement social pour les villages membres, Daouda Diédhiou rappelle que la priorité absolue de l’Alliance reste la médiation foncière et la réconciliation des familles divisées par des querelles de terres et de forêts. Il a mis en garde contre les dérives passionnelles du sport, appelant à en faire un outil de dialogue plutôt que de division.
Enfin, face aux défis du temps, le président de l’Alliance a adressé une exhortation vibrante à la jeunesse ouest-africaine :
« Nous prenons de l'âge et nous ne serons pas là éternellement. C'est aux jeunes de venir apprendre, de s'imprégner de notre vision et de prendre la relève. L'Alliance ne doit pas mourir. Ce modèle de paix par la base doit dépasser nos deux pays pour s'étendre à toute l'Afrique de l'Ouest. »

Alors que les travaux communautaires et les journées d'échanges se poursuivent, l'Alliance sénégalo-guinéenne démontre une fois de plus que la consolidation de la paix est avant tout une dynamique portée par les peuples à la frontière.
Lundi 5 Octobre 2026
Amady Khalilou Diémé