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Politique au Sénégal : Doudou Ka sonne « le temps de la résistance » face à ce qu'il qualifie de « forfaiture constitutionnelle »

Dans une tribune au vitriol publiée récemment, l’ancien ministre Doudou Ka appelle ses compatriotes et les parlementaires à un sursaut de conscience. Refusant de s'enfermer dans le jeu politique actuel, il dénonce une violation flagrante de la Loi fondamentale et appelle à l'action.


L'arène politique sénégalaise s'embrase à nouveau. Alors que les observateurs et l'opinion publique ont les yeux rivés sur les tensions apparentes au sommet de l'État, l'ancien ministre Doudou Ka a publié une déclaration fracassante. Intitulé « Le temps de la résistance ! », son texte sonne comme un véritable manifeste contre ce qu'il considère être une manipulation des institutions.

 

 

Éviter le piège de la « mise en scène » politique

Pour Doudou Ka, le débat public actuel est totalement biaisé. L'ancien membre du gouvernement invite les Sénégalais à ne pas se laisser divertir par les narratifs ambiants, qu'il qualifie de « pièges ».

Selon lui, l'opinion a d'abord été orientée vers de prétendues divergences entre le président de la République et son ancien Premier ministre. Aujourd'hui, le scénario aurait changé pour mettre en scène un duel de titans entre l'Exécutif et le Législatif.

« Dès que vous acceptez ce cadre, vous êtes déjà tombés dans leur piège. Le piège, c’est de nous confiner à chercher à savoir qui va gagner ce bras de fer d'ici à 2029 », prévient-il avec insistance.

 

 

L'Assemblée nationale au cœur de l'accusation

Déplaçant le curseur de l'analyse, Doudou Ka affirme que le véritable enjeu ne réside pas dans une guerre d'ego ou de pouvoir, mais bien dans le respect de la Charte fondamentale du pays. Il évoque, sans détour, une « fonction institutionnelle créée à partir d'une violation manifeste de la Constitution ».

Pour l'ancien ministre, la légitimité par le vote ne peut pas couvrir une illégalité de départ :

« Une forfaiture ne se négocie pas. Elle ne se blanchit pas par 132 voix. Elle ne se maquille pas en procédure. Elle se nomme comme telle. Et elle se combat. »

 

 

Un appel direct à la responsabilité des députés

Le message le plus vigoureux de sa tribune est sans doute adressé aux parlementaires de la place de la République. Rappelant aux députés la nature de leur charge, Doudou Ka estime que leur mandat leur impose de s'ériger en rempart pour la démocratie, et non en facilitateurs de dérives.

Dans une formule percutante, il met chaque élu face à sa conscience et à l'Histoire :

  • Celui qui siège dans une telle assemblée valide la forfaiture.
  • Celui qui se tait cautionne.
  • Celui qui applaudit et vote consacre la forfaiture.

 

En concluant par un vibrant « Vive la République, Vive le Sénégal », Doudou Ka marque une rupture nette et se positionne fermement dans le camp du refus. Reste à savoir comment cette sortie, qui remet en cause la trajectoire institutionnelle actuelle, sera accueillie par la majorité parlementaire et par l'opinion publique dans les jours à venir.

Mardi 26 Mai 2026
Amady Khalilou Diémé