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Journée de consultation médicale gratuite à Diokadou : Soulager les populations et révéler l'urgence des infrastructures rurales

DIOKADOU — Le village de Diokadou a vécu une journée d'action médicale intense organisée par la Ziguinchor Assistance Médicale (ZAM), avec le concours du comité de santé local et le soutien financier du ministère des Forces armées. Portée par une forte mobilisation locale, cette initiative a permis d'offrir des soins spécialisés et des traitements gratuits à une population rurale fortement marginalisée par l'enclavement.


Des consultations gratuites face à des pathologies récurrentes
Sous la direction du Dr Abdou Mendy, chef d'équipe de la ZAM, les praticiens ont pris en charge de nombreux patients dès les premières heures de la matinée. Les diagnostics dressent un panorama précis des carences sanitaires de la zone :
  • Pédiatrie : Forte prévalence de dermatoses (gale, dermatophytoses), de syndromes grippaux liés à la période hivernale et d'un besoin critique de déparasitage chez les plus jeunes.
  • Sujets âgés : Fréquence élevée de lombo-sciatalgies (compressions nerveuses) et d'hypertension artérielle mal suivies, souvent aggravées par l'incapacité financière d'effectuer les examens requis.
  • Problématiques de fond : Méconnaissance et sous-diagnostic de maladies graves comme le cancer du col de l'utérus ou le diabète chez la femme et les populations locales.
 
Un enclavement critique qui entrave l'accès aux soins
Au-delà de la réussite matérielle de l'événement, les intervenants ont unanimement souligné les obstacles infrastructurels majeurs qui paralysent la zone :
  • Un réseau routier dégradé : L'axe Syngan-Diokadou est décrit comme quasiment impraticable. Des trajets de courte distance nécessitent plusieurs heures de véhicule, rendant les évacuations d'urgence extrêmement périlleuses.
  • Un poste de santé précaire : Abba Badji, président du comité de santé de Diokadou, a déploré les défaillances de la nouvelle infrastructure, exposée aux inondations à chaque pluie en raison de défauts de conception, ainsi qu'une pénurie chronique de médicaments et de matériel médical.
  • Une contrainte financière : La pauvreté contraint les populations à renoncer au suivi médical et aux références spécialisées vers les centres hospitaliers plus importants.
 
Vers une pérennisation des opérations de prévention
Pour Mamadou Diédhiou, premier conseiller technique du ministère des Forces armées, ce préfinancement s'inscrit dans une volonté de renforcer la cohésion sociale et de rapprocher les citoyens des services publics essentiels. Après des interventions similaires à Djicidione en 2025 et à Soutouken début 2026, l'objectif est d'exploiter les données issues des rapports médicaux pour dresser une cartographie sanitaire précise de la région.
Alors que l'équipe médicale et le comité de santé appellent le gouvernement et le ministère de la Santé à fournir des soutiens structurels pérennes, les responsables locaux rappellent à la jeunesse l'importance de la mobilisation citoyenne pour bâtir l'avenir de la collectivité.
Samedi 12 Septembre 2026
Amady Khalilou Diémé