Pour l'un des principaux bassins de production du Sénégal, l'enjeu de ce rendez-vous est clair : il faut changer de modèle économique. Jusqu'ici fortement dépendante de l'exportation de noix brutes, la filière doit impérativement revoir ses ambitions à la hausse.
Selon Boubacar Konta, président de l’Interprofession cajou du Sénégal (ICAS), le secteur doit franchir un cap pour devenir un véritable moteur de croissance économique, un pourvoyeur d'emplois massifs et un levier efficace de lutte contre la pauvreté.
Malgré son immense potentiel, la filière anacarde reste freinée par des défis structurels majeurs. Le président du CROFAZ, Demba Diémé, n'a pas manqué de lister les nombreux obstacles auxquels font face les acteurs de terrain :
- Une faiblesse chronique de la transformation locale ;
- Une forte instabilité des prix sur le marché ;
- Un manque criant d'infrastructures de stockage adaptées ;
- Le vieillissement des plantations existantes ;
- Les effets néfastes du changement climatique.
Face à ces contraintes persistantes, l’administration sénégalaise prône l'union des forces. Lors de la cérémonie d'ouverture, le préfet Latyr Ndiaye a rappelé que l’anacarde occupe une place stratégique dans les plans de l’État. La relance de cette filière s'inscrit en ligne droite dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation 2050, notamment à travers le déploiement des agropoles.
Constatant que les défis ne pourront être relevés en ordre dispersé, l'autorité administrative a lancé un appel vibrant à une « synergie d'actions » entre les producteurs, les commerçants, les industriels et les partenaires financiers. L'objectif ultime reste de capter la valeur ajoutée au niveau national pour que la richesse générée par l'or gris profite enfin pleinement à la Casamance et au Sénégal.