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CRISE À L'UASZ : le SAES décrète un grève et interpelle

ZIGUINCHOR – Le bastion du savoir en Casamance vacille. Dans un communiqué incendiaire, la coordination locale du SAES a sonné le glas de la trêve sociale. Dès ce lundi 5 janvier 2026, les amphis resteront déserts. En cause : une administration rectorale murée dans un silence jugé « inqualifiable » face à une dégradation sociale sans précédent.


 

Un dialogue de sourds qui paralyse l'institution

L'année 2026 ne s'ouvre pas sur des vœux de prospérité, mais sur un cri de guerre syndical. Pour les enseignants-chercheurs de l'Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), la coupe est pleine. Le mutisme du rectorat est devenu le symbole d'une rupture définitive entre la direction et le corps enseignant.

« La coordination SAES-UASZ marque sa plus vive indignation et dénonce avec la dernière énergie le manque de communication de l’administration rectorale », martèle le syndicat.

Ce qui était une tension latente durant le dernier trimestre 2025 s'est transformé en un bras de fer frontal. Les griefs s'accumulent : conditions de travail précaires, retards de paiement ou gestion sociale défaillante ? Le syndicat promet de lever le voile sur ces zones d'ombre dans un futur communiqué national.

48 heures pour briser le silence

Face à une autorité qui, selon eux, « ne comprend que la lutte comme langage », le SAES passe à l'offensive. Le mot d'ordre est clair : 48 heures de grève non renouvelables à compter de ce lundi.

Ce débrayage n'est que la partie émergée de l'iceberg. En suspendant les cours, les examens et les activités de recherche, le syndicat prend en otage le calendrier académique pour forcer le Recteur à sortir de sa tour d'ivoire.

Vers une nationalisation du conflit

L'UASZ ne veut plus laver son linge sale en famille. La stratégie du SAES est désormais de « sortir le conflit des murs de l'université ». En portant l'affaire sur la place publique nationale, les enseignants visent directement le ministère de l'Enseignement Supérieur, espérant que la tutelle sifflera la fin de la récréation pour une administration rectorale jugée déconnectée des réalités du campus.

À Ziguinchor, l'inquiétude grandit chez les étudiants et les parents d'élèves. Si ce premier avertissement de 48 heures ne porte pas ses fruits, c'est toute l'année universitaire 2025-2026 qui pourrait être sacrifiée sur l'autel d'une crise de gouvernance profonde.

Samedi 3 Janvier 2026
Amady Khalilou Diémé