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CONTRÔLE TECHNIQUE OBLIGATOIRE POUR LES MINIBUS INTERURBAINS DE 12 À 19 PLACES: L’opération lancée ce 3 mars par le MiTTA.

L’opération "Rappel" des véhicules pour une visite technique spéciale est lancée ce mardi par le Ministre des Transports terrestres et aériens, et le ton est sans équivoque : ce sera la conformité ou l’immobilisation. Entre accompagnement affiché et fermeté absolue, le gouvernement engage une course contre la montre pour la sécurité nationale. Récit d'une journée de mobilisation et d’engagement.


C’est un Ministre des transports déterminé, multipliant les visites de terrain entre Dakar et Diamniadio, qui s’est adressé à la presse. De Hann à la nouvelle ville ministérielle, le constat est le même : la machine est en marche, et rien ne l’arrêtera. Félicitant au passage le professionnalisme des agents du Centre de Contrôle Technique de Véhicules Automobiles (CCTVA) et ceux du centre de l’Union Européenne, le Ministre a voulu rassurer : les échos sont bons, l’affluence est là.
 
L’heure du démarrage : briser la culture de la dernière minute
À Diamniadio, dès les premières heures, une dizaine de véhicules étaient déjà sur la ligne. Un motif de satisfaction pour l'autorité, conscient du mal sénégalais : « C’est assez rassurant quand on sait que le Sénégalais a tendance à choisir de tout faire à la dernière minute ».
Mais au-delà du constat, c’est la légitimité de cette mesure de "rappel" qui a été réaffirmée avec force. Le Ministre l'a rappelé avec insistance : cette décision n'est pas un caprice administratif. Elle est le fruit d’une concertation avec l’ensemble des syndicats, validée « au plus haut niveau en Conseil des Ministres », présentée au Président de la République et au Premier Ministre, et partagée devant l’Assemblée nationale.
« Nous aurions pu aller outre ou faire indépendamment de cela puisqu'il s'agit d'une question de sécurité », a martelé le Ministre, soulignant l’impact crucial attendu sur la sécurité routière, particulièrement dans le secteur des transports interurbains, trop souvent endeuillé.
 
Pas de "frais exorbitant", mais un enjeu de sécurité nationale
S’adressant directement aux chauffeurs et transporteurs, le Ministre a tenu à dégonfler toute polémique sur d’éventuels coûts supplémentaires. Rappelant que tout véhicule de transport est tenu à une visite technique tous les six mois, quel que soit son âge, ce rappel n’est qu’une anticipation logistique. « Ce rappel ne pose en réalité sur les épaules des transporteurs, voire des chauffeurs, aucun frein exorbitant ou anormal ».
L'objectif: faire passer le dispositif de contrôle sur l'axe stratégique où circulent ces véhicules. « L’un dans l’autre, il faut qu'on accepte qu'il y a un enjeu de sécurité nationale ».
 
La méthode : « Je ne reculerai d'aucun millimètre »
Pour relever ce défi colossal, l’État muscle son dispositif. À Dakar, la capacité a été augmentée pour contrôler plus de 1600 véhicules par jour. Deux lignes spécifiques sont dédiées aux transporteurs. Si la deuxième n’est pas encore déployée, c’est que la première suffit pour l’instant, mais le dispositif est prêt à monter en puissance.
Le Ministre a fixé le cap et le calendrier, et il n’y aura pas de prolongation : « Le délai, c'est du 3 mars aujourd'hui jusqu'au 2 mai à 0h ». Un ultimatum clair, soutenu par une note envoyée à tous les Gouverneurs du Sénégal pour une application rigoureuse des instructions du Premier Ministre.
« Je ne descendrai et ne reculerai d'aucun millimètre »
La posture est celle de l’accompagnement, mais la fermeté est totale. La "ligne de conduite" est tracée.
 
Sanctions : « Aucun véhicule non conforme ne pourra circuler »
Interpellé sur les suites en cas de non-conformité, le Ministre a d'abord voulu être optimiste, pariant sur la responsabilité des acteurs. Pour les véhicules conformes, la récompense sera la fluidité : hologramme visualisable, mention sur la carte grise... tout sera fait pour que les forces de l’ordre ne retardent pas ces véhicules lors des contrôles.
Mais pour les « velléités de récalcitrance », le discours change radicalement. Pour ceux qui présentent des anomalies, ce sera le retour à la case départ (seconde lecture) après corrections. Et pour ceux qui s'obstineraient à ne pas se soumettre au contrôle, la sentence est irrévocable.
« C'est une mesure de sécurité qui ne peut pas souffrir de dérogation. Aucun véhicule qui ne respecte pas les normes ne pourra circuler sur le territoire ».
Des mesures fermes ont été prises en accord avec le Ministre de l'Intérieur et le Ministre des Forces Armées. La tolérance zéro est activée.
 
Un devoir régalien : Protéger les chauffeurs contre eux-mêmes
En conclusion, le Ministre a voulu rappeler le sens profond de cette opération choc. Loin d’être une mesure punitive, c’est une opération de salut public, d'abord pour les transporteurs eux-mêmes.
« Vous regardez tous ces véhicules qui font des accidents, mais les premières personnes qui sont atteintes, c'est celui qui est devant, c'est le chauffeur. Sur 10 véhicules (accidentés), le chauffeur est mort sur le coup ».
Contre le laxisme, l’État assume son rôle protecteur, même par la contrainte. « Quelle que soit la volonté laxiste de certaines personnes, nous avons le devoir de les protéger elles-mêmes. C'est le devoir régalien d'un État ».
Le compte à rebours est lancé. Le 2 mai à minuit, le paysage du transport interurbain au Sénégal aura changé. De gré ou de force.
Mercredi 4 Mars 2026
Amady Khalilou Diémé