Dans la région de Ziguinchor, l’émulation citoyenne porte de beaux fruits. Depuis près d'une dizaine d'années, la population et les jeunes de Diagobel – locaux comme membres de la diaspora venus se ressourcer – se retrouvent chaque hivernage pour cultiver collectivement les champs de riz du village.
Une tradition qui dépasse la simple activité agricole, comme l'explique Abdou Karim Diatta, coordinateur de l'événement :
« C'est un travail qui nous tient à cœur. Chaque année, la production ne cesse d'augmenter. Notre objectif d'autosuffisance alimentaire en riz, nous l'avons atteint depuis lors. »
Un modèle d'autosuffisance et de cohésion sociale
Dans un contexte de hausse globale du coût de la vie et des denrées de première nécessité, l'initiative de Diagobel fait figure d'exemple. Sur place, la gestion des récoltes garantit la sécurité alimentaire de l'ensemble de la communauté, à tel point que les stocks de l'année précédente dépassent régulièrement les besoins de la population.
Présent aux côtés des villageois, Mamoudou Angran Biagui, originaire de la commune, souligne la portée d'une telle démarche :
« Le remembrement est une initiative que tout le monde doit adopter. Si toutes les localités faisaient de même, la commune n'aurait aucun problème d'approvisionnement en riz. Cela renforce le lien social et permet à la jeunesse de garder ancrées ses racines. »
Grâce à une organisation communautaire rigoureuse, les habitants ont également su limiter les dégâts causés par la divulgation des animaux. Les troupeaux sont soigneusement gardés durant les périodes de culture et une première parcelle de 10 hectares a pu être sécurisée grâce à une clôture en grillage.
Un appel urgent à l'État pour mécaniser la filière
Cependant, ce succès exemplaire se heurte aujourd'hui à une limite matérielle de taille. Pour optimiser l'exploitation agricole, le village a consenti à un important effort de remembrement des terres, atteignant près de 100 hectares emblavés. Mais sur le terrain, le travail continue de s'effectuer principalement à la main et à l'aide du kajando (outil traditionnel usité en Casamance).
Pour Abdou Karim Diatta, la situation devient difficilement tenable sans un soutien institutionnel fort :
« On n'a pas accepté de remembrer nos réserves pour continuer à cultiver avec le kajando. Nous l'avons fait pour mécaniser la riziculture. Malheureusement, nous n'avons pas l'accompagnement de l'État pour le matériel dont nous avons besoin : tracteurs, motoculteurs, moissonneuses ou batteuses. Cela commence à ralentir notre travail. Ce matériel coûte des millions et le village n'a pas les moyens de se l'offrir seul. »
Les acteurs locaux redoutent que le manque d'équipements modernes ne finisse par décourager les bonnes volontés et dissuade d'autres villages de la région d'emboîter le pas au remembrement foncier.
À travers la voix de ses coordinateurs et des visiteurs venus soutenir la démarche, le village de Diagobel relance ainsi son appel au ministère de l'Agriculture et aux autorités étatiques. Leur ambition : transformer cet élan citoyen en un pôle rizicole moderne et structuré, capable d'inspirer toute la Casamance dans la quête de la souveraineté alimentaire nationale.
Une tradition qui dépasse la simple activité agricole, comme l'explique Abdou Karim Diatta, coordinateur de l'événement :
« C'est un travail qui nous tient à cœur. Chaque année, la production ne cesse d'augmenter. Notre objectif d'autosuffisance alimentaire en riz, nous l'avons atteint depuis lors. »
Un modèle d'autosuffisance et de cohésion sociale
Dans un contexte de hausse globale du coût de la vie et des denrées de première nécessité, l'initiative de Diagobel fait figure d'exemple. Sur place, la gestion des récoltes garantit la sécurité alimentaire de l'ensemble de la communauté, à tel point que les stocks de l'année précédente dépassent régulièrement les besoins de la population.
Présent aux côtés des villageois, Mamoudou Angran Biagui, originaire de la commune, souligne la portée d'une telle démarche :
« Le remembrement est une initiative que tout le monde doit adopter. Si toutes les localités faisaient de même, la commune n'aurait aucun problème d'approvisionnement en riz. Cela renforce le lien social et permet à la jeunesse de garder ancrées ses racines. »
Grâce à une organisation communautaire rigoureuse, les habitants ont également su limiter les dégâts causés par la divulgation des animaux. Les troupeaux sont soigneusement gardés durant les périodes de culture et une première parcelle de 10 hectares a pu être sécurisée grâce à une clôture en grillage.
Un appel urgent à l'État pour mécaniser la filière
Cependant, ce succès exemplaire se heurte aujourd'hui à une limite matérielle de taille. Pour optimiser l'exploitation agricole, le village a consenti à un important effort de remembrement des terres, atteignant près de 100 hectares emblavés. Mais sur le terrain, le travail continue de s'effectuer principalement à la main et à l'aide du kajando (outil traditionnel usité en Casamance).
Pour Abdou Karim Diatta, la situation devient difficilement tenable sans un soutien institutionnel fort :
« On n'a pas accepté de remembrer nos réserves pour continuer à cultiver avec le kajando. Nous l'avons fait pour mécaniser la riziculture. Malheureusement, nous n'avons pas l'accompagnement de l'État pour le matériel dont nous avons besoin : tracteurs, motoculteurs, moissonneuses ou batteuses. Cela commence à ralentir notre travail. Ce matériel coûte des millions et le village n'a pas les moyens de se l'offrir seul. »
Les acteurs locaux redoutent que le manque d'équipements modernes ne finisse par décourager les bonnes volontés et dissuade d'autres villages de la région d'emboîter le pas au remembrement foncier.
À travers la voix de ses coordinateurs et des visiteurs venus soutenir la démarche, le village de Diagobel relance ainsi son appel au ministère de l'Agriculture et aux autorités étatiques. Leur ambition : transformer cet élan citoyen en un pôle rizicole moderne et structuré, capable d'inspirer toute la Casamance dans la quête de la souveraineté alimentaire nationale.
