PATRIMOINE CULINAIRE EN CASAMANCE
Défense du Ékangoulay : l'appel de l'Honorable Bacary Diedhiou face aux propos du ministre Yankhoba Diémé
La controverse enflamme le Fogny et rouvre le débat sur la valorisation des traditions régionales au Sénégal. En demandant publiquement d'abandonner le Ékangoulay, plat traditionnel emblématique de la culture diola, le ministre Yankhoba Diémé s'est tiré les foudres des défenseurs du patrimoine culinaire local, emmenés par l'Inspecteur et Honorable Bacary Diedhiou.
Pour Bacary Diedhiou, cette position ministérielle dépasse le cadre d'un simple choix alimentaire : elle touche directement à l'identité, à la mémoire collective et aux pratiques sociales transmises de génération en génération dans le Fogny.
Un marqueur culturel et identitaire menacé de dénigrement
Loin d'être une simple préparation culinaire, le Ékangoulay constitue un symbole fort d'ancrage territorial. Consommé aussi bien au quotidien que lors des cérémonies traditionnelles (Xaware), il suit même les ressortissants de la diaspora qui prennent soin d'en emporter les feuilles à l'étranger pour maintenir le lien avec leur terroir.
L'Honorable Bacary Diedhiou dénonce une tentative d'infantilisation d'une communauté et rejette vigoureusement les qualificateurs de « dépassée » ou de « pauvre » collés à cette tradition :
Un savoir-faire ancestral : Le plat repose sur l'utilisation de ressources naturelles locales et peu transformées.
Une valeur nutritionnelle et écologique : Alors que les recommandations médicales modernes mettent en garde contre les aliments ultra-transformés, interdire un plat naturel issu du terroir apparaît paradoxal.
Une fierté assumée : Les populations ne consomment pas le Ékangoulay par manque d'accès à la modernité, mais par attachement conscient à leur histoire. Une exigence de protection et de reconnaissance institutionnelle
Alors que le Sénégal s'est illustré sur la scène internationale en faisant inscrire le Thiébou dieune au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, Bacary Diedhiou estime que la responsabilité du ministère de la Santé et des autorités publiques devrait être de protéger et de promouvoir les trésors culinaires régionaux plutôt que de les dénigrer.
« Le goût est libre ; le mépris, lui, ne devrait jamais devenir une politique », rappelle l'inspecteur. Plutôt qu'un abandon forcé, l'intersyndicale des traditions et les acteurs locaux réclament un regard empreint de respect, une documentation scientifique du plat et une amélioration continue de ses conditions de préparation pour en assurer la pérennité.
Face à ce qu'il qualifie de blessure infligée à des générations entières, l'Honorable Bacary Diedhiou appelle les autorités à mesurer la valeur du patrimoine vivant diola, qu'aucune modernité imposée ne saurait faire disparaître.