​« DIOMAYE FORMULA » : UNE DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE AU SERVICE DU SÉNÉGAL

Dans une analyse consacrée à la nouvelle orientation de la diplomatie sénégalaise, Abdoulaye Diémé, homme politique et diplômé en communication, met en avant ce qu’il présente comme la « Diomaye Formula internationale ». Selon lui, cette approche traduit une volonté de repositionner le Sénégal sur la scène internationale, tout en mettant la diplomatie économique au service du secteur privé national et des couches vulnérables.


Pour Abdoulaye Diémé, la politique extérieure ne doit pas être dissociée des réalités économiques et sociales du pays. Il considère ainsi que les déplacements internationaux du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, participent à une stratégie visant à restaurer la confiance avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Sénégal.
 
« Cette tournée du président de la République a permis de redorer le blason du pays à l’international, de vendre notre image auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux, donc de regagner leur confiance et de repenser notre partenariat », analyse-t-il.
 
L’ancien cadre de coopération internationale, selon cette lecture, ne devrait cependant pas être envisagé comme une dépendance, mais comme un levier permettant au Sénégal de mobiliser davantage de ressources pour financer son développement. Abdoulaye Diémé insiste notamment sur la nécessité de distinguer souveraineté et isolement.
 
« Le souverainisme ne veut pas dire repli sur soi, ne veut pas dire rejet de l’autre », souligne-t-il, estimant que le Sénégal a besoin de ses partenaires pour renforcer ses capacités et accélérer la réalisation de ses projets structurants.
 
La confiance des partenaires au cœur de l’enjeu
 
Dans son analyse, Abdoulaye Diémé revient également sur le contexte financier et économique récent du Sénégal. Il estime que les controverses liées à la situation des finances publiques ont affecté la perception du pays auprès de ses partenaires.
 
Pour lui, la restauration de la confiance internationale constitue donc un enjeu majeur pour permettre au Sénégal de mobiliser les financements nécessaires à ses ambitions de développement.
 
Ports, routes, autoroutes et autres infrastructures structurantes nécessitent, selon lui, des moyens financiers importants que les seules ressources internes ne peuvent pas toujours couvrir.
 
« Le financement endogène seulement ne peut pas supporter tous ces chantiers-là. Nous avons besoin évidemment de nos partenaires », avance-t-il.
 
Une diplomatie au service du développement
 
Au-delà de la dimension politique, Abdoulaye Diémé place ainsi la diplomatie économique au centre de sa lecture de la « Diomaye Formula ». Il considère que les relations internationales doivent produire des retombées concrètes pour l’économie nationale, notamment à travers l’investissement, le développement des infrastructures et le soutien au secteur privé.
 
Cette orientation devrait également, selon lui, bénéficier aux populations les plus vulnérables, à condition que les ressources mobilisées à l’extérieur se traduisent par des politiques publiques ayant un impact direct sur les conditions de vie des ménages.
 
L’enjeu, dans cette perspective, est donc de faire de la diplomatie un instrument au service des priorités nationales : renforcer l’économie, attirer les investissements, soutenir les entreprises sénégalaises et créer davantage d’opportunités pour les populations.
 
Entre souveraineté et ouverture
 
Pour Abdoulaye Diémé, la recherche d’une plus grande souveraineté économique ne doit pas conduire le Sénégal à tourner le dos à ses partenaires. Il défend plutôt une approche fondée sur l’ouverture, la négociation et la diversification des partenariats.
 
« Nous avons besoin d’eux pour développer notre pays », résume-t-il, tout en rappelant que les ressources nationales demeurent indispensables à la construction d’un modèle économique plus autonome.
 
À travers cette lecture, la « Diomaye Formula internationale » apparaît ainsi, dans l’analyse d’Abdoulaye Diémé, comme une tentative d’articuler souveraineté, ouverture diplomatique et impératifs économiques. Une diplomatie dont la finalité ne serait plus seulement de renforcer la présence du Sénégal sur la scène internationale, mais également de contribuer au financement de son développement et, à terme, d’améliorer les conditions de vie des populations.
 
Samedi 19 Septembre 2026
La Rédaction / Samboudiang Sakho

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