Un accueil populaire malgré les mises en garde
Qualifiant l'enthousiasme populaire de « bonus de la visite », le ministre est revenu sur les réticences et menaces qui entouraient son déplacement dans sa région natale. Natif de Casamance — où il a grandi jusqu'à l'obtention de son baccalauréat —, Yankoba Diémé a souligné qu'il avait tenu à se rendre à Ziguinchor, Bignona, puis Singan dans le Fogni.
Il a notamment dénoncé les tentatives d'intimidation orchestrées, selon lui, par certains responsables de Pastef visant à mobiliser la jeunesse contre sa venue. Déplorant la diffusion de vidéos tronquées avant son passage, le ministre s'est félicité du calme et du discernement des populations qui sont sorties massivement pour l'accueillir aux côtés des chefs de village et des autorités religieuses.
Mise au point sur la polémique du « discours sur la trahison »
Revenant sur une séquence vidéo largement relayée et découpée sur les réseaux sociaux, Yankoba Diémé a tenu à rétablir le sens global de son intervention récente :
- La thèse : L'idée diffusée par certains opposants selon laquelle son engagement politique constituerait une « trahison » envers la Casamance en altérant les chances de la région d'avoir un président de la République.
- L'antithèse : La question pédagogique posée à son auditoire sur la manière dont ces mêmes détracteurs qualifieraient les choix politiques nationaux de 2024 n'ayant pas désigné un fils de la région.
- La synthèse : La conclusion du ministre affirmant qu'il n'y a de trahison dans aucun des deux cas, le choix porté en 2024 ayant été présenté dès le départ comme la meilleure option par ses propres auteurs.
« Les faits sont sacrés », a-t-il rappelé, dénonçant la manipulation par la coupe sélective de ses propos.
Directives aux militants de « Kiray » et posture ministérielle
S'adressant à la jeunesse et aux militants de son parti Kiray, le ministre des Forces armées a appelé à la retenue et à la sérénité. Refusant l'invective et le jet de pierres, il a invité ses sympathisants à privilégier le travail de terrain, le porte-à-porte et le maillage cellulaire.
Enfin, répondant aux critiques sur sa prise de parole politique alors qu'il occupe le portefeuille des Forces armées, Yankoba Diémé a rappelé que ce ministère a été dirigé par des civils tout au long de l'histoire du Sénégal indépendant, à l'exception de deux parenthèses militaires. Réaffirmant sa double légitimité de technocrate et d'homme politique, il s'est dit pleinement engagé dans sa mission gouvernementale tout en assumant sa liberté d'expression démocratique.
