ZIGUINCHOR : Le « Come-back » toxique d’Abdoulaye Baldé ou l’audace de l’amnésie

Alors qu’il multiplie les offensives médiatiques contre Ousmane Sonko et le PASTEF, l’ancien maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, semble avoir égaré sa mémoire dans les méandres de ses ambitions retrouvées. Entre salaires indus, dossiers de la CREI et rapports accablants de la Cour des Comptes, retour sur un passé qui ne demande qu'à être soldé avant de prétendre à un futur.


Par Amadou Tom Mbodji (Responsable Politique PASTEF)

 

La politique sénégalaise offre parfois des spectacles dont l'ironie frise l'indécence. Abdoulaye Baldé, l’homme aux mille dossiers, tente aujourd’hui de se draper dans la toge du censeur. Ses récentes sorties contre les autorités actuelles ne sont pas de simples critiques : ce sont des manœuvres de diversion destinées à enfouir, sous les décombres de la polémique, une gestion municipale et étatique marquée par des zones d’ombre abyssales.

L’affaire des 150 millions : Un « salaire » qui ne passe pas

Faut-il rappeler au leader de l’UCS l’audit de la fonction publique de 2013 ? Le Vérificateur général François Collin y révélait une anomalie stupéfiante : Abdoulaye Baldé aurait perçu indûment son salaire de l’Inspection générale d’État (IGE) pendant quatre ans après sa démission.
Le préjudice ? 150 millions de FCFA. La question ? Cet argent a-t-il un jour retrouvé les caisses de l’État ou a-t-il été définitivement « absorbé » par le silence ?

 

Le spectre de la CREI et la théorie des « dons »

En 2014, le dossier s'épaissit. Inculpé par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), M. Baldé devait justifier un patrimoine dépassant le milliard de francs CFA. Sa défense d'alors restera dans les annales comme un aveu de la légèreté avec laquelle l'argent public était traité sous l'ère Wade : des « largesses » et des « dons » présidentiels. Est-ce là l'idée que se fait Abdoulaye Baldé de la transparence ? Transformer la République en une foire aux cadeaux ?

« On ne peut prétendre briguer à nouveau la confiance des citoyens sans répondre des zones d’ombre de son propre passé. »

 

 

Cour des Comptes : Les 54 plaies d’une gestion opaque

Si le passé lointain l’accable, sa gestion récente de la mairie de Ziguinchor (2015-2018) finit de décrédibiliser son discours actuel. Le rapport de la Cour des Comptes est un réquisitoire implacable listant 54 manquements graves.

Le tableau est sombre :
Carburant fantôme : Plus de 367 millions de FCFA consommés sans aucune traçabilité sérieuse. Un record d'évaporation pour un parc automobile municipal. Marchés de gré à gré : Éclairage public, denrées alimentaires... les règles de passation des marchés ont été piétinées, au mépris de la saine concurrence. Privilèges indus : Des avantages injustifiés octroyés à des sociétés privées (comme ELTON) en violation directe des principes de gestion équitable.

 

L’heure de la reddition des comptes

Abdoulaye Baldé veut reconquérir Ziguinchor. Mais avec quel bilan ? Celui des rapports d'audit enterrés ? Celui d'une gestion jugée « irresponsable » par les magistrats financiers ?

Le peuple sénégalais, et les Ziguinchorois en particulier, ne sont plus dupes de la « cécité volontaire » des politiciens en quête de réhabilitation. Avant de donner des leçons de gouvernance au PASTEF, Abdoulaye Baldé doit une vérité aux contribuables. La reddition des comptes n’est pas une option, c’est une exigence démocratique. Les cris d’orfraie et les attaques ad hominem ne suffiront pas à effacer l'encre indélébile des rapports officiels.

 

À Ziguinchor comme ailleurs, l'avenir ne se construira pas sur l'oubli, mais sur la justice.

Lundi 13 Avril 2026
Amady Khalilou Diémé

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