ZIGUINCHOR EN ÉBULLITION : Le Sud chavire dans l’extase après le sacre des Lions


De l’angoisse des buts refusés à l’explosion libératrice de Pape Guèye, la capitale du Sud a vécu une nuit de finale d'anthologie. Récit d’une cité qui n’a pas dormi, portée par le deuxième sacre continental du Sénégal face au Maroc.
 
ZIGUINCHOR – Dimanche soir, le temps s’est arrêté. Puis, au coup de sifflet final, il a explosé. Ziguinchor n’était plus une ville, c’était un seul cri, un seul cœur, une seule âme. En dominant le Maroc au terme d'une finale épique de la CAN 2025, les Lions de la Teranga ont plongé la Casamance dans une ferveur qui restera gravée dans les annales.
 
L’ascenseur émotionnel : entre colère et miracle
Tout avait pourtant commencé dans une tension étouffante. Dans les cafés de l'Escale, les maisons des quartiers populaires et les places publiques bondées, les visages étaient crispés. Chaque assaut sénégalais faisait vibrer les murs, chaque repli défensif coupait le souffle.
Le premier tournant du match a failli briser cet élan : un but sénégalais en première période, synonyme de délivrance, est annulé par l'arbitre. L’explosion de joie est étouffée dans l'œuf. « C'est injuste ! », hurle un supporter, les mains sur la tête. La frustration est palpable, l'incompréhension totale. Et quand le Maroc obtient un penalty, le silence devient de plomb. Mais le destin avait choisi son camp : Brahim Diaz manque le cadre. Le signe, pour tout Ziguinchor, que « Dieu est avec nous ».
 
Le coup de canon de Pape Guèye : la déflagration
La délivrance portera le nom de Pape Guèye. D’une frappe stratosphérique qui est venue nettoyer les filets marocains, le milieu de terrain a déclenché ce que les témoins appellent une « déflagration ».
À cet instant, Ziguinchor a basculé. Les quartiers, de Tilène à Boucotte, sont entrés en transe. À la fin de la première mi-temps des prolongations, la victoire ne faisait plus de doute. Les motos Jakarta, véritables poumons de la ville, commençaient déjà leur concert de klaxons, tandis que les vuvuzelas déchiraient l’air nocturne.
 
Une nuit de communion totale
Au coup de sifflet final, le barrage a cédé. Une marée humaine a envahi les artères principales. Jeunes, vieillards, femmes et enfants, tous unis sous le même drapeau vert-jaune-rouge.
« C’est indescriptible ! On a souffert, on a douté, mais on est les rois d’Afrique pour la deuxième fois ! », s’égosille un jeune supporter, porté en triomphe par ses amis.
Dans ce chaos de bonheur, la sécurité est restée de mise. Sous l’œil vigilant des forces de l'ordre et des sapeurs-pompiers, la fête s’est déroulée sans incident majeur, transformant la ville en une immense piste de danse à ciel ouvert.
 
Alors que l'aube pointe doucement sur la Casamance, les chants de victoire résonnent encore. Ziguinchor, à l'unisson avec le reste du pays, vient de vivre une nuit historique. Une nuit où le football n'était plus un sport, mais une religion. Les Lions sont sur le toit de l'Afrique, et le Sud ne compte pas s'arrêter de danser de sitôt.
Lundi 19 Janvier 2026
Amady Khalilou Diémé

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