La Casamance a longtemps porté le triste stigmate du « conflit oublié » du Sénégal. Aujourd’hui, les discours officiels se veulent rassurants : la rébellion serait affaiblie, le danger reculerait et la page de quarante ans de crise serait en passe de se tourner. Pourtant, sur le terrain, la réalité est bien moins reluisante. C’est le constat sans concession que dresse Abdoulaye Sylla, membre de l’association SOS Casamance, dans une tribune libre où il dénonce une région épuisée, prise au piège entre la pauvreté et les réseaux clandestins.
Pour le militant, un symbole tragique illustre cet échec collectif : la prolifération de la culture du cannabis.
Le cannabis, symptôme d'un abandon politique
Comment une terre si fertile, réputée pour ses rizières et son potentiel agricole, en est-elle arrivée là ? Pour SOS Casamance, la réponse n'est pas uniquement à chercher du côté de la délinquance, mais bien du côté des responsabilités publiques.
« Quand une terre devient dépendante d’une économie clandestine, ce n’est pas seulement un problème sécuritaire. C’est le signe d’un abandon politique et social profond », martèle Abdoulaye Sylla.
L'argument est simple : aucun jeune ne choisit la clandestinité par plaisir. C'est l'absence d'écoles performantes, d'emplois décents, de formations qualifiantes et, au bout du compte, le manque d'espoir qui pousse la jeunesse vers les circuits illicites.
Le risque d'une criminalisation durable du conflit
Le grand danger qui guette la région Sud, selon l'auteur de la tribune, est la mutation profonde du conflit. En perdant son vernis idéologique ou politique originel, la crise casamançaise risque de se transformer en une économie criminelle permanente. Les réseaux armés subsistent non plus pour des idées, mais pour protéger des trafics lucratifs. L'argent du cannabis entretient ainsi un cercle vicieux de peur, de silence et d'instabilité, rendant le conflit encore plus difficile à éteindre.
Malgré les opérations militaires et les communiqués de victoires, les traumatismes des populations civiles restent béants : villages déplacés, menaces des mines antipersonnel et terres agricoles laissées en friche par mesure de sécurité.
Les pistes de SOS Casamance pour une paix réelle
Face à cette situation, SOS Casamance estime que l'État du Sénégal se trouve à la croisée des chemins : continuer à « administrer » superficiellement le problème ou le résoudre définitivement. Pour parvenir à une paix durable, Abdoulaye Sylla propose une feuille de route en six points cardinaux :
En rappelant que la Casamance n'est pas une périphérie mais « une partie vivante de l'âme » du Sénégal, la tribune interpelle directement la conscience nationale. Le texte se conclut sur un avertissement solennel aux autorités : le silence temporaire des armes ne signifie pas la guérison. Si la justice, le respect et l'avenir des jeunes ne sont pas garantis, les blessures du passé continueront de fragiliser l'unité du pays.
Pour le militant, un symbole tragique illustre cet échec collectif : la prolifération de la culture du cannabis.
Le cannabis, symptôme d'un abandon politique
Comment une terre si fertile, réputée pour ses rizières et son potentiel agricole, en est-elle arrivée là ? Pour SOS Casamance, la réponse n'est pas uniquement à chercher du côté de la délinquance, mais bien du côté des responsabilités publiques.
« Quand une terre devient dépendante d’une économie clandestine, ce n’est pas seulement un problème sécuritaire. C’est le signe d’un abandon politique et social profond », martèle Abdoulaye Sylla.
L'argument est simple : aucun jeune ne choisit la clandestinité par plaisir. C'est l'absence d'écoles performantes, d'emplois décents, de formations qualifiantes et, au bout du compte, le manque d'espoir qui pousse la jeunesse vers les circuits illicites.
Le risque d'une criminalisation durable du conflit
Le grand danger qui guette la région Sud, selon l'auteur de la tribune, est la mutation profonde du conflit. En perdant son vernis idéologique ou politique originel, la crise casamançaise risque de se transformer en une économie criminelle permanente. Les réseaux armés subsistent non plus pour des idées, mais pour protéger des trafics lucratifs. L'argent du cannabis entretient ainsi un cercle vicieux de peur, de silence et d'instabilité, rendant le conflit encore plus difficile à éteindre.
Malgré les opérations militaires et les communiqués de victoires, les traumatismes des populations civiles restent béants : villages déplacés, menaces des mines antipersonnel et terres agricoles laissées en friche par mesure de sécurité.
Face à cette situation, SOS Casamance estime que l'État du Sénégal se trouve à la croisée des chemins : continuer à « administrer » superficiellement le problème ou le résoudre définitivement. Pour parvenir à une paix durable, Abdoulaye Sylla propose une feuille de route en six points cardinaux :
- Éducation : Investir massivement dans la formation de la jeunesse locale.
- Alternative agricole : Soutenir activement l’agriculture légale pour asphyxier les cultures illicites.
- Sécurité des terres : Accélérer les opérations de déminage pour restituer les champs aux paysans.
- Justice sociale : Réparer les préjudices subies par les populations civiles durant les décennies de conflit.
- Inclusion : Ouvrir un dialogue sincère avec l'ensemble des forces vives de la région.
- Priorité nationale : Sortir la Casamance du seul prisme sécuritaire pour en faire un projet de développement majeur.
En rappelant que la Casamance n'est pas une périphérie mais « une partie vivante de l'âme » du Sénégal, la tribune interpelle directement la conscience nationale. Le texte se conclut sur un avertissement solennel aux autorités : le silence temporaire des armes ne signifie pas la guérison. Si la justice, le respect et l'avenir des jeunes ne sont pas garantis, les blessures du passé continueront de fragiliser l'unité du pays.
