Transports Routiers : L’État déploie l’artillerie mobile pour désengorger Dakar


Face à la grogne des transporteurs et aux défis logistiques, le Ministère des Transports Terrestres et Aériens (MITTA) frappe un grand coup. Dès la mi-avril 2026, des centres de visite technique mobiles sillonneront les régions pour régulariser les minicars de 12 à 19 places.

 

 

Le calvaire des transporteurs de l’intérieur du pays touche peut-être à sa fin. Dans un communiqué officiel publié ce mardi 17 mars 2026, le Ministère dirigé par le MITTA a annoncé une mesure phare : le déploiement d’un banc mobile de visite technique dans dix régions éloignées de la capitale.

 

La visite technique vient aux transporteurs

Fini l’obligation pour les minicars de Tambacounda, Kédougou ou Ziguinchor de rallier Dakar pour leur contrôle réglementaire. Ce dispositif de proximité, qui sera opérationnel dès la deuxième quinzaine d'avril 2026, cible spécifiquement l’opération de rappel des véhicules de 12 à 19 places, prévue pour durer jusqu'en mai.

Les régions de la Casamance (Ziguinchor, Kolda, Sédhiou), de l'Est (Tambacounda, Kédougou), du Nord (Saint-Louis, Matam, Louga) et du Centre (Kaffrine, Kaolack) bénéficieront de cette technologie nomade. L’objectif est clair : allier sécurité routière et continuité économique sans paralyser le parc automobile régional.

 

Vers une levée des restrictions nocturnes ?

Au-delà de la logistique, le ministère s'attaque aux dossiers brûlants qui empoisonnent le dialogue social. Un Comité ad hoc a été instauré pour plancher sur les revendications historiques des syndicats.

Trois points majeurs sont sur la table :
La circulation nocturne : La levée de l’interdiction de circuler entre 00h et 05h pour les transports publics est enfin à l'étude. La jungle de la concurrence : Le conflit entre taxis traditionnels, VTC et transport informel fera l'objet d'une médiation pour une régulation plus stricte. Les contrôles routiers : Une réévaluation des pratiques sur le terrain pour limiter les frictions entre agents de l'État et professionnels de la route.

« Ce comité doit formuler des propositions consensuelles en cohérence avec les conclusions des États généraux des Transports publics », précise le communiqué.

 

Un pacte social sous haute surveillance

En tendant la main aux organisations syndicales, le Gouvernement réaffirme sa volonté de maintenir un "pacte social de stabilité". Cependant, le MITTA reste ferme : aucune concession ne sera faite sur les impératifs de sécurité.

Ce virage vers la modernisation et la déconcentration des services pourrait bien être le souffle d'oxygène attendu par un secteur en pleine mutation, à condition que les conclusions du Comité ad hoc ne restent pas lettre morte.

Mardi 17 Mars 2026
Amady Khalilou Diémé

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