Transports : L’État sort l’artillerie lourde face au « sabotage »

Ziguinchor, Joal, Kaolack : personne ne restera à quai. Face à une grève des transporteurs aux allures de défi politique, le Ministre Yankoba Diémé a lancé ce vendredi une opération coup de poing depuis la gare des Beaux Maraîchers. Entre fermeté républicaine et déploiement logistique massif, le message est clair : la souveraineté ne se négocie pas dans le chaos.


Dakar ne pliera pas. Alors que les départs pour les fêtes de Pâques transforment les gares en véritables fourmilières, une partie du secteur des transports a tenté le bras de fer. Un « sabotage » ? Le mot est lâché, et il vient d’en haut. Venu superviser le dispositif spécial de desserte ce vendredi 03 avril, le Ministre des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, le calendrier de cette grève — calé sur les fêtes religieuses et les grands rassemblements de la jeunesse à Thiès — n’est pas une coïncidence, mais une provocation.

« C'est un acte de souveraineté. Quand on calibre une grève sur des dates aussi symboliques, cela va au-delà de la revendication sociale. C’est inacceptable », a martelé le ministre devant une foule de voyageurs soulagés.

Le ton s'est durci à l'évocation des violences nocturnes visant les transporteurs ayant choisi de travailler, notamment les véhicules d'Aftu. La réponse de l'État sera judiciaire et implacable : une enquête est déjà ouverte pour identifier les auteurs des caillassages.


L’offensive Dakar Dem Dikk
Pour briser l’étau de la grève, le gouvernement a activé son « plan de guerre ». La flotte de Dakar Dem Dikk, habituellement réservée au transport scolaire en période de cours, a été entièrement réaffectée à l’interurbain. Saint-Louis, Sédhiou, Ziguinchor : les bus bleus quadrillent le territoire pour assurer la continuité du service public.
Le bilan de cette résistance logistique est déjà chiffré : 120 000 supporters transportés malgré le mouvement d'humeur. 7 rames supplémentaires injectées sur le TER. 10 bus à haut niveau de service (BRT) déployés en renfort sur les corridors stratégiques.
 
Finies les mesures de façade : Cap sur le structurel
Si l'opération "coup de poing" de ce vendredi sauve les vacances de milliers de Sénégalais, Yankoba Diémé voit plus loin. Sous l'impulsion du Premier Ministre Ousmane Sonko, l'heure n'est plus au « taf-yeungou » (colmatage).
L'ambition affichée est une révolution structurelle pour casser les monopoles de fait : modernisation des gares régionales sur le modèle des Beaux Maraîchers, extension du TER vers Thiès et Kaolack, et surtout, fin des privilèges. « Nous allons démocratiser l’octroi des licences », a prévenu le Ministre, fustigeant ceux qui, après avoir bénéficié de l’appui de l’État, tentent aujourd’hui de paralyser l’économie.
Le dialogue reste ouvert, mais sous condition : la liberté de circuler doit rester absolue. Ce vendredi, l'État a rappelé une vérité simple mais ferme : les routes du Sénégal appartiennent au peuple, pas aux syndicats.
Vendredi 3 Avril 2026
Amady Khalilou Diémé

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