« C'est inadmissible » : Le coup de sang du ministre face aux interruptions
D'entrée de jeu, face aux agitations et aux interruptions répétées dans l’Hémicycle, le ministre a exigé le respect des institutions et de sa personne. « C'est inadmissible. S'il vous plaît, chers collègues, s'il vous plaît », a-t-imis en fustigeant le manque d’écoute de certains parlementaires qui n’avaient pas la parole. « Arrêtez quand même, vous n'avez pas la parole... Le Ministère de l'Économie, des Finances et du Plan que je dirige ici m'a toujours soutenu », a-t-il rappelé avec fermeté.
La sincérité budgétaire au cœur des passes d’armes
Revenant sur les accusations d'insincérité budgétaire formulées à l'encontre de sa gestion, Cheikh Diba a balayé d’un revers de main ces arguments, les jugeant infondés au regard des pratiques antérieures. Prenant à témoin les exercices précédents de 2025 marqués par des lois de finances rectificatives successives adoptées en fin d'année, il a martelé que la démarche du gouvernement répondait à une stricte logique de régulation et de transparence.
« Le débat à l'Assemblée nationale n'a jamais été une question de sincérité budgétaire, vous ne pouvez pas le dire. La sincérité budgétaire ne se pose pas en ces termes en réalité, je suis désolé », a soutenu le ministre, s'appuyant sur les dispositions des articles 45 et 47 de la loi organique relative aux lois de finances.
Recouvrements et réalisations : Un bilan défendu bec et ongles
Le ministre est également revenu sur les objectifs de recettes du plan de relance économique et sociale. Alors qu'un montant de 762 milliards de francs CFA était initialement espéré, les recouvrements se sont établis à 173,3 milliards à fin septembre, pour un objectif de projection révisé autour de 311 milliards d'ici la fin de l'exercice.
Refusant de qualifier ces chiffres d'échec, Cheikh Diba a salué la performance : « 311 milliards, c'est appréciable, c'est remarquable. C'est 311 milliards que nous n'aurions pas pu avoir, et cela nous a permis de faire beaucoup de choses », a-t-il insisté, déplorant que l'argument de la sincérité ne serve en réalité qu'à torpiller un projet de loi de finances rectificative d'une importance capitale.
Un appel au débat républicain
Alors que les échanges menaçaient de rompre le dialogue, le ministre a déploré l'attitude de certains parlementaires cherchant, selon lui, à fuir le débat contradictoire de fond. Un recadrage musclé qui illustre les crispations persistantes entre l'exécutif et la majorité parlementaire de l'opposition autour de la trajectoire financière et économique du pays.