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Sécurité Routière : L’État sort la « Grosse Artillerie » contre l’Hécatombe

Face à la série noire des accidents qui endeuillent le Sénégal, le ministre Yankoba Diémé tape du poing sur la table. Plombage des moteurs, géolocalisation forcée et rappel massif de 6 800 minicars : le temps de la sensibilisation semble révolu, place à la contrainte technique.


Le constat est sanglant, presque quotidien. Pour stopper l’hémorragie sur nos routes, le gouvernement de rupture passe à l’offensive. En visite au Centre de contrôle technique de Hann (CCTVA), le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé, a dévoilé un arsenal de mesures radicales visant à neutraliser ce qu’il appelle « l’indiscipline » et la défaillance technique.

Le « Rappel de la dernière chance » pour 6 800 minicars
L’annonce phare est tombée : dès le 3 mars prochain, et pour une durée de deux mois, une opération exceptionnelle de rappel sera lancée. Elle cible spécifiquement les minicars de 12 à 19 places, incluant les célèbres « Cheikhou Chérifou ».
Ce ne sera pas une simple visite de routine. Yankoba Diémé prévient : le contrôle sera « renforcé ». Au-delà de la mécanique classique, deux points seront scrutés à la loupe : La conformité du nombre de places (fini les sièges ajoutés au mépris de la sécurité). Les supports de bagages, souvent surchargés et responsables de déséquilibres mortels.

Vitesse : Vers un bridage électronique des véhicules
Le ministre ne compte pas seulement sur la bonne foi des chauffeurs. Pour lui, l’excès de vitesse est le « principal motif » des drames. La solution ? Le contrôle technologique. « Il y a plusieurs techniques. Vous avez le plombage des véhicules mais vous avez également la géolocalisation », a martelé le ministre.
Avec l’aval du Premier ministre Ousmane Sonko, le ministère s'apprête à court-circuiter les procédures classiques d’appel d’offres pour agréer rapidement des sociétés capables d’implémenter ces dispositifs de limitation de vitesse. L’objectif est clair : rendre techniquement impossible l’excès de vitesse, quel que soit l’empressement du conducteur.

L’indiscipline humaine dans le viseur
Si l’État agit sur le métal et l’électronique, Yankoba Diémé n'a pas occulté la racine du mal : l'humain. Tout en reconnaissant que des modifications « maladroites » sont souvent opérées sur les véhicules par les propriétaires eux-mêmes, il a fustigé l’indiscipline notoire qui règne sur le bitume.
Ces mesures conservatoires, validées en Conseil des ministres sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, marquent un tournant. Le message est envoyé aux transporteurs : la route ne sera plus une zone de non-droit.
 

Cette offensive suffira-t-elle à changer les comportements ? Si le plombage des moteurs est une barrière physique, le défi de l'application rigoureuse sur l'ensemble du territoire reste entier. Le 3 mars marquera le début d'un test de vérité pour le ministère.
Mardi 24 Février 2026
Amady Khalilou Diémé