Santé en crise au Sénégal : La zone SAMES de Ziguinchor engage le combat et décrète 48 heures de grève

ZIGUINCHOR — Face à ce qu’il qualifie d’« absence de considération » et au mutisme des autorités scolaires et gouvernementales, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) tape du poing sur la table. Lors d'un point de presse tenu ce mardi 8 septembre 2026, le Dr Marc Manga, secrétaire général de la zone SAMES de Ziguinchor, a officiellement annoncé l'entrée en grève du corps médical pour les journées du 8 et 9 septembre, marquant le début d'un plan d'action national déterminé.


Une trêve rompu par le « silence des autorités »

Après l'expiration d'un préavis de grève déposé le 9 août dernier, le syndicat explique avoir décrété une trêve par sens des responsabilités envers la population et pour accorder un « temps de grâce » au nouveau régime. Les négociations initiales, entamées fin 2023 puis interrompues par le contexte socio-politique de début 2024, n'ont connu aucune avancée concrète malgré la participation du SAMES à l'élaboration du pacte de stabilité sociale via la CNTS.

« La patience ne peut pas être confondue avec de la faiblesse et le sens des responsabilités ne doit pas être interprété comme une résignation », a martelé le Dr Marc Manga. Le syndicat dénonce également une note circulaire du Ministère de la Santé datée du 19 août 2026 visant à supprimer certaines primes acquises de haute lutte dans les hôpitaux.

 

 

Synthèse des principales revendications du SAMES
Statut particulier et carrière : Élaboration d'un statut particulier (volets administratif, juridique et financier). Recrutement obligatoire et automatique des praticiens du secteur public à la fin de leur formation. Relèvement de l'âge limite de titularisation à 40 ans et avancement systématique. Prise en compte des années de contractualisation et régime indemnitaire équitable. Revalorisation de la pension de retraite à hauteur de 80 % du dernier salaire net (avec intégration de 5 années supplémentaires dans le calcul). Plateau technique et infrastructures : Établissement public de santé de niveau 2 (EPS2) dans chaque département. Équipements lourds (scanners, IRM) garantis dans chaque région. Dotation en ambulances adaptées, laboratoires fonctionnels et réseau de maintenance hospitalière. Formation et gouvernance : Refondation du cadre académique, social et de protection des médecins en spécialisation. Arrêt des affectations intempestives sans remplacement. Création d'unités de soins palliatifs et révision des régimes de gratuité des soins.

 

Urgence locale : L'hôpital de la Paix et les structures de Ziguinchor au bord du gouffre

Au-delà des demandes nationales, la zone de Ziguinchor soulève des urgences régionales critiques nécessitant des interventions immédiates :
Hôpital de la Paix de Ziguinchor : Réhabilitation urgente de la structure et octroi d'une subvention spéciale pour éponger sa dette cumulée. Équipements : Démarrage effectif de la seule IRM de la région, actuellement à l'arrêt. Centres de santé : Lancement des travaux du centre de santé de Diouloulou et reconstruction de celui de Bignona, décrit comme étant en ruine. Finances : Remboursement par l'État des impayés liés aux programmes de gratuité (Césarienne, Plan Sésame, Dialyse).

 

 

Appel à des négociations immédiates

Tout en lançant un appel à l'unité et à la discipline auprès des militants de la région, le SAMES réitère sa disponibilité pour un dialogue « sincère et structuré », conditionné par un calendrier précis d'exécution. Le syndicat prévient qu'il n'y aura pas de système de santé performant sans des professionnels respectés, valorisés et évoluant dans des conditions dignes.

Mardi 8 Septembre 2026
Amady Khalilou Diémé

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