Le système de santé sénégalais s’apprête à traverser une zone de turbulences sans précédent. Dans son « Communiqué de grève n°5 », l’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) – And Gueusseum a dressé un bilan plus que satisfaisant de ses dernières mobilisations, revendiquant un taux de suivi de 80 % à 90 % sur l’ensemble du territoire lors du débrayage des 21, 22 et 23 janvier derniers.
« Des millions de Sénégalais privés de soins »
Tout en saluant le sacre des Lions du football, doubles champions d'Afrique, le Directoire National du syndicat a tenu à rappeler au Président de la République une réalité sociale amère. « Au moment où le peuple exulte, des millions de Sénégalais sont privés de soins », martèle le communiqué. À ce jour, le conflit a déjà engendré 268 heures cumulées de rupture de service.
Pour les leaders syndicaux, l’argument du gouvernement invoquant un « pays en ruine et surendetté » ne passe pas. Ils pointent du doigt le « train de vie dispendieux » de l’exécutif et du législatif, tout en exigeant l'apurement d'un « passif social moralement imprescriptible ».
Les points de friction
Le malaise est profond et repose sur plusieurs dossiers restés lettre morte :
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Le contentieux foncier : Le sort des 120 hectares de Daga-Kholpa, promis en 2021 aux victimes du programme SUTSAS-Namora.
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Iniquités salariales : L'absence d'indemnités de logement pour les contractuels des collectivités territoriales et des Établissements Publics de Santé (EPS).
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Carrière et retraite : Les retards dans la délivrance des actes administratifs et la revendication d'un passage de l'âge de la retraite à 65 ans.
Vers une paralysie totale en février
Face à ce qu’elle qualifie de « conspiration du silence », And Gueusseum lance son 6ème plan d’actions avec un calendrier d'une rare intensité :
Un avertissement aux directions d'hôpitaux
Le syndicat prévient qu'il s'inscrit dans une lutte de longue durée et met en garde les directeurs d'hôpitaux contre toute tentative de sanction ou de réquisition jugée illégale. En annonçant l'absence de service minimum pour sa prochaine grève, l'alliance And Gueusseum franchit un nouveau palier dans la confrontation, laissant craindre des conséquences sanitaires lourdes pour les populations.