Sansamba : Le plaidoyer fort du maire Ousmane Badji pour l’enregistrement à l’état civil

Face à la récurrence alarmante du manque de pièces d’état civil chez les enfants, la municipalité de Sansamba a pris le problème à bras-le-corps. À l’occasion d’une audience foraine organisée pour résorber les nombreux dossiers en souffrance, le maire Ousmane Badji a lancé un appel vibrant et sans concession à ses administrés, les invitant à un changement radical de comportement.


L’état civil, priorité absolue avant les festivités

Pour le premier magistrat de la commune, l’absence de déclaration à la naissance n'est plus tolérable. Tout en reconnaissant l'importance des traditions, Ousmane Badji a pointé du doigt un ordre des priorités parfois inversé au sein des familles.

« C'est bon d'organiser des festivités, c'est bon d'organiser des mariages ou des baptêmes, mais lorsque vous vous mariez, le premier acte à établir, c'est l'acte de mariage. Lorsque vous avez un enfant, avant d'organiser un baptême, pensez à aller déclarer votre enfant d'abord. C'est le premier service qu'on rend à l'enfant », a-t-il martelé.

Le maire a rappelé avec fermeté que chaque enfant possède un droit inaliénable à une identité juridique dès ses premiers instants de vie. Remplir cette formalité administrative est une responsabilité parentale stricte, car garantir ce droit fondamental, c’est ouvrir à l’enfant les portes de l’éducation, de la santé et de l’ensemble des services sociaux.

 

 

Un préjudice immense pour l'avenir de la jeunesse

Les conséquences de la négligence des parents ou, pire, du recours à des circuits frauduleux sont dévastatrices pour l'avenir des préadolescents et des jeunes. Le maire de Sansamba a d'ailleurs mis les populations face à leurs responsabilités quant au préjudice moral et social causé aux enfants sans papiers ou détenteurs de faux documents.

« Imaginez un être humain, un enfant qui n'a pas de pièces d'état civil ou à qui on a fait établir une fausse pièce. Quel est le préjudice qu'on cause à son avenir ? », s’est-il indigné, avant d'ajouter une note d'espoir teintée de regret : « Peut-être que le futur président de la République du Sénégal est né aujourd'hui dans la commune de Sansamba, et qu'il fait partie de ceux pour qui nous cherchons actuellement des solutions pour régulariser leur statut et leur permettre d'avoir un extrait de naissance. »

Pour contrer cette situation, l'édile a exhorté les familles à être « très prudentes » et « responsables » en effectuant les déclarations dans les délais légaux, évitant ainsi des procédures judiciaires longues et coûteuses.

 

 

Une approche globale : Naissance, mariage et décès

L'appel d'Ousmane Badji ne s'est pas limité aux seules naissances. S’inscrivant dans une vision globale de la gestion citoyenne, il a rappelé que l'état civil accompagne l'individu de sa naissance à son dernier souffle.

Le maire a ainsi vivement encouragé les populations à déclarer également les décès afin d'obtenir les certificats nécessaires : « Après la mort, j'invite les parents à venir déclarer, à chercher des certificats de décès. (...) Ça ouvre à la succession. »

 

 

S'adapter à l'évolution de la société

En conclusion, la municipalité de Sansamba invite ses citoyens à s'arrimer à la modernité et aux exigences administratives actuelles. « Nous sommes dans une société qui évolue. Il faut qu'on s'adapte à l'évolution », a résumé l'édile.

Le message est désormais clair pour tous les habitants de la commune : l'extrait de naissance, le certificat de mariage et le certificat de décès ne sont pas de simples options, mais des documents obligatoires pour protéger les familles et bâtir l'avenir.

Mardi 19 Mai 2026
Amady Khalilou Diémé

Dans la même rubrique :