Dans son mot d'ouverture, Moustapha Ka a souligné l'importance d'intervenir en amont. Pour le président de l'OFNAC, la lutte contre la corruption doit avant tout reposer sur la prévention et l'anticipation des vulnérabilités. Le secteur des transports routiers, qui assure la mobilité quotidienne des personnes et des biens ainsi que le désenclavement des territoires, concentre en effet de nombreuses démarches administratives et de contrôle : délivrance des permis de conduire, licences, contrôle technique, gestion des infrastructures et sanctions routières.
Cette démarche s'inscrit dans le cadre juridique renforcé en septembre 2025 avec l'adoption de quatre textes législatifs majeurs portant notamment sur l'accès à l'information, la déclaration de patrimoine et la protection des lanceurs d'alerte, traduisant le triptyque de gouvernance « Jub, Jubal, Jubanti ». Moustapha Ka a tenu à rassurer les participants : « Cartographier un risque, ce n'est pas désigner un coupable ni jeter le soupçon sur des hommes et des femmes. C'est examiner objectivement nos procédures pour en déceler les fragilités et les neutraliser. »
Sécurité routière et vision « Sénégal 2050 »
Prenant la parole à son tour, le ministre des Transports terrestres et aériens, Sérigne Abdoul Ahad Ndiaye, a rappelé la vision « Sénégal 2050 » qui vise la souveraineté économique et un développement endogène. Il a insisté sur le fait que la gouvernance optimale des transports et le traitement des risques inhérents constituent des piliers indispensables pour garantir des transports sûrs et durables.
Évoquant le drame routier de Sikilo survenu en janvier 2023, le ministre et le président de l'OFNAC ont rappelé que dans les transports routiers, la question de l'intégrité dépasse la seule bonne gestion administrative : elle touche directement à la sécurité publique et à la préservation des vies humaines.
Vers un plan de mitigation et une feuille de route
Durant ces trois journées de travaux participatifs, administrations publiques, forces de défense et de sécurité, professionnels du transport, syndicats et acteurs de la société civile échangeront à travers des groupes de travail et des sessions plénières.
Les réflexions aboutiront à l'élaboration d'un plan de mitigation des risques de corruption, assorti de recommandations opérationnelles et d'une feuille de route claire destinée à guider les autorités pour sécuriser durablement le secteur.