ZIGUINCHOR – L’alerte est rouge pour les étudiants ressortissants du département de Koumpentoum inscrits à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). Par la voix de leur ex-président, Papa Sow, étudiant en Master 1 de Géographie, le collectif lance un cri de détresse déchirant. Entre arriérés de loyer massifs, manque de matériel de base et sentiment d'abandon, le quotidien de ces jeunes tourne au cauchemar.
Le constat est sans appel : l'amicale traîne trois mois d'arriérés de loyer, et le mois de janvier, qui tire à sa fin, portera la dette à quatre mois. Le bailleur, dont la patience semble avoir atteint ses limites, a déjà posé un ultimatum. « La situation est catastrophique », s'alarme Papa Sow. L'enjeu dépasse le simple toit.
L'appartement en question, une denrée rare à Ziguinchor avec ses six pièces (salon compris), risque d'être définitivement perdu. Une perte qui interviendrait au pire moment : celui de l'arrivée imminente des nouveaux bacheliers. « Où allons-nous les loger ? Dans quelles conditions vont-ils étudier ? », s'interroge-t-il avec amertume.
Au-delà du loyer, c'est la dignité même des étudiants qui est en jeu. L'appartement manque de tout, à commencer par des matelas. Les étudiants dorment dans des conditions spartiates, loin du "confort" qu'ils ne réclament d'ailleurs même pas. « Nous ne voulons pas de luxe, nous voulons le minimum pour étudier », martèle l'ancien président.
Le point de crispation majeur réside dans l'insuffisance flagrante de l'accompagnement financier. Pour une structure regroupant plus de 200 étudiants, la subvention annuelle s'élève à seulement 200 000 FCFA. Un calcul rapide révèle l'absurdité de la situation : 1 000 FCFA par étudiant et par an. Papa Sow pointe du doigt une iniquité territoriale flagrante : « Le Conseil départemental prend en charge l'appartement des étudiants de Koumpentoum à Dakar (UCAD). Pourquoi pas nous à Ziguinchor ? Nous sommes tous les enfants d'un même département. »
L'amicale interpelle directement : Madame la Préfète de Koumpentoum, pour une intervention d'urgence. Le Président du Conseil départemental et les 10 maires du département, pour une revalorisation immédiate des subventions et une prise en charge réelle du logement. Les personnes de bonne volonté, pour un appui matériel (matelas, vivres).
Eloignés de leurs familles, dans une ville de Ziguinchor où le coût de la vie et le logement sont des défis quotidiens, les étudiants de Koumpentoum refusent d'être les "oubliés du système". Si rien n'est fait avant la fin du mois, c'est l'avenir académique de centaines de jeunes qui pourrait s'arrêter sur le trottoir.