Libéré récemment sous bracelet électronique, Mouhammed Diagne ne compte plus payer pour les fautes d'autrui. Accusé par le rapport de la CENTIF d'être le gérant de la SCI Pharaon — structure au cœur de flux financiers suspects se chiffrant en dizaines de milliards de FCFA — le fils Diagne a décidé de briser l'omerta familiale.
Lors de son audition par les limiers de la DIC, il a été catégorique : il n'a jamais géré la SCI Pharaon. Ses accusations sont d'une gravité extrême. Il poursuit son père et sa tante Mabintou Diagne pour :
Faux et usage de faux
Usurpation d'identité
Escroquerie et Abus de confiance
Détournement de fonds sociaux Des "erreurs matérielles" à plusieurs milliards
Selon les révélations du quotidien Libération, Mouhammed Diagne affirme que son nom et sa signature auraient été utilisés frauduleusement pour valider des actes financiers et administratifs sans son consentement.
« Lorsque j'ai interpellé mon père à ce sujet, il m'a simplement rétorqué qu'il s'agissait d'erreurs matérielles », aurait-il confié aux enquêteurs.
Une explication jugée dérisoire par le fils, qui se retrouve aujourd'hui sous le coup d'une procédure pénale lourde tandis que son père, principal suspect dans cette affaire de détournement de deniers publics, est actuellement en fuite en France.
Une "Coopération loyale" avec la justice
En portant plainte contre son propre géniteur, Mouhammed Diagne change radicalement de stratégie. Il ne se présente plus comme un complice, mais comme une victime d'un système familial occulte. Ce basculement marque un tournant décisif pour le Pool Judiciaire Financier (PJF) :
Dédouanement : Le fils tente de prouver qu'il n'a jamais été le "dirigeant effectif" de la SCI Pharaon.
Charge contre le père : En dénonçant des signatures frauduleuses, il enfonce Madiambal Diagne, déjà visé par un mandat d'arrêt international.
Transparence : Il prône une « coopération loyale » pour faire la lumière sur la destination des dizaines de milliards de FCFA évaporés. La chute d'un empire ?
Cette plainte fragilise considérablement la position de Madiambal Diagne. Si l'usurpation d'identité est prouvée, cela signifierait que le journaliste a utilisé son propre fils comme "prête-nom" ou bouclier juridique pour couvrir des activités illicites.
Alors que le principal accusé reste hors de portée des autorités sénégalaises, cette trahison familiale pourrait bien être la pièce manquante du puzzle qui permettra aux enquêteurs de remonter la trace des fonds publics détournés.