SÉCURITÉ ROUTIÈRE : LE SÉNÉGAL DÉPLOIE L'ARTILLERIE LOURDE POUR STOPPER L'HÉCATOMBE


Plus de 700 morts par an sur nos routes, soit deux familles endeuillées chaque jour. Face à ce bilan sanglant qui coûte au Sénégal près de 4 % de son PIB, l’État passe à l’offensive. Ce jeudi 22 janvier 2026, à Diamniadio, une nouvelle Stratégie Nationale de Sécurité Routière a été validée. Objectif : réduire de moitié le nombre de victimes d’ici 2030.

 

« On ne peut plus se contenter de statistiques, il nous faut des actes. » C’est, en substance, le message qui a résonné dans la salle Kinkéliba de la Sphère ministérielle. Alors que le bitume sénégalais continue de dévorer des vies à un rythme effrayant — environ 745 décès annuels — les autorités et les experts de l’ANASER se sont réunis pour valider le rapport final d'une stratégie qui se veut être un tournant historique.

 

L'Économie du Sang : 4 % du PIB sacrifiés

Présidant la séance au nom du Ministre Yankoba Diémé, le Directeur de Cabinet Ousmane Diagne n'a pas mâché ses mots. Au-delà du drame humain, c'est un gouffre économique que le pays subit. « Les pertes liées aux accidents sont estimées entre 3 et 4 % de notre Produit Intérieur Brut », a-t-il révélé. Un constat alarmant qui transforme la sécurité routière non plus en simple dépense, mais en un investissement vital pour la survie de la nation.

Grâce à l'appui de la Banque Mondiale via le projet PCZA, le Sénégal dispose désormais d'une feuille de route claire. Ce document, fruit d'un diagnostic sans complaisance, s'attaque aux racines du mal : infrastructures défaillantes, comportements à risque et nécessité d'un contrôle routier plus rigoureux.

 

L'ANASER en Première Ligne

Pour le Directeur Général de l’ANASER, Monsieur Atoumane Sy, cette stratégie est l'aboutissement d'un processus « inclusif et sans concession ». Il a salué le professionnalisme du cabinet IDEA Consult/SACI, tout en rappelant une vérité crue : le papier ne sauve pas de vies, seule l'action le fera.

« La mise en œuvre requiert un engagement soutenu. Nous appelons à un monitoring partagé car chaque acteur est un maillon de la chaîne de survie », a martelé M. Sy. La vision est claire : s'aligner sur le Plan Mondial 2021-2030 pour diviser par deux le nombre de blessés graves et de morts.

 

Un Pacte pour la Vie

L'atelier de validation de ce jeudi n'était pas une simple formalité administrative. C'était un pacte. Les sept volets de la stratégie — allant du cadre législatif aux soins post-accidents, en passant par l'inspection technique des véhicules — constituent désormais le bouclier du Sénégal contre l'insécurité routière.

Le message envoyé depuis Diamniadio est limpide : l'heure de la tolérance zéro et de la modernisation à marche forcée a sonné. Car derrière chaque chiffre cité lors de cet atelier, il y a un père, une mère ou un enfant qui n'est jamais rentré chez lui.

 

Le Sénégal a désormais sa boussole. Reste maintenant à transformer l'essai sur le terrain, là où le danger guette à chaque virage.

 

Les points forts à retenir :
Bilan humain : 745 décès par an (moyenne). Impact financier : 3 à 4 % du PIB national. Objectif 2030 : -50 % de mortalité routière. Partenaires : Soutien stratégique de la Banque Mondiale (PCZA).


Jeudi 22 Janvier 2026
Amady Khalilou Diémé

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