Un héritage lourd de plusieurs décennies
Ce dossier remonte aux multiples mutations institutionnelles subies par le rail sénégalais depuis les années 1960 — de la Régie des Chemins de Fer du Sénégal (RCFS) à Dakar Bamako Ferroviaire (DBF), en passant par TRANSRAIL et la SNCS, jusqu'à la création de la CFS en 2020.
Au cours de ces transitions, le non-versement intégral des cotisations dues à l'IPRES (Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal) et à la Caisse de Sécurité Sociale a accumulé une dette estimée à près de 5,2 milliards de FCFA. Une charge dont l'État a intégralement accepté d'assumer la responsabilité pour sortir de l'impasse.
Pendant des années, cette situation a privé des centaines de retraités, mais aussi de nombreuses veuves et des orphelins, de percevoir l'intégralité de leurs pensions légitimes malgré parfois plus de 30 ans de loyaux services.
Du dialogue de terrain au déblocage des fonds
Face à cette vulnérabilité, la colère des ex-temporaires et des retraités s'était manifestée par des protestations répétées, bloquant par moments le trafic ferroviaire sur l'axe stratégique Dakar-Thiès-Diogo.
Le tournant décisif est survenu le 25 juillet dernier. Une délégation ministérielle conduite par le Ministre des Transports Terrestres et Aériens (MiTTA), M. Serigne Abdoul Ahad Ndiaye, accompagné du Ministre du Travail et du Directeur Général des CFS, s'est rendue à la gare de Thiès. Ce dialogue direct avec les grévistes a permis de lever le mot d'ordre d'occupation et de libérer les voies ferroviaires contre des engagements fermes.
Clés du plan de règlement
Détails
Acompte initial de l'État
2 milliards de FCFA mobilisés pour l'IPRES
Lancement des paiements
Début effectif le lundi 17 août 2026
Modalités de versement
Lots successifs renouvelés tous les 15 jours
Premier lot prioritaire
190 bénéficiaires déjà finalisés (priorité aux veuves et ayants droit)
Calendrier cible
Apurement complet des droits sous 45 jours
Vers un apurement total sous 45 jours
Grâce au versement de cet acompte de 2 milliards de FCFA — le seuil requis par l’IPRES pour entamer le processus —, la régularisation est désormais en marche. Lors d'une réunion de suivi tenue le 10 août 2026, l'ensemble des parties prenantes a validé le dispositif.
Un comité de suivi dédié veillera au bon déroulement des paiements par tranche jusqu'à l'extinction complète du reliquat. En restaurant les droits de ses anciens cheminots, le gouvernement réaffirme sa volonté d'apaiser durablement le climat social et d'honorer la mémoire de ceux qui ont bâti le réseau ferroviaire national.