Rejet de la LFR 2026 à l'Assemblée Nationale : Amadou Ba pilonne un budget jugé « insincère » et dénonce des coupes sociales drastiques

Dakar, le 3 novembre 2026 – Coup de théâtre à l’Hémicycle. L’Assemblée nationale a officiellement rejeté, ce mardi 3 novembre 2026, le projet de loi n° 40/2026 portant Loi de Finances Rectificative (LFR) pour l’année 2026. Motivée par un refoulement catégorique de la trajectoire budgétaire proposée par le gouvernement, la majorité des députés a fustigé un manque de sincérité des comptes publics et des arbitrages jugés dévastateurs pour les secteurs sociaux prioritaires.
Prenant la parole à la suite de l’intervention du ministre des Finances Cheikh Diba, l’honorable député Amadou Ba a livré un réquisitoire particulièrement incisif, exposant point par point les griefs de la représentation parlementaire.


Transparence et dette : l'exigence de preuves documentaires
En préambule, l’honorable Amadou Ba a tenu à rappeler l'exigence de vérité qui doit prévaloir dans le débat démocratique et la gestion des deniers publics. « Monsieur le Ministre, si une situation ne va pas, c’est notre esprit qui nous pousse à le dire plus clairement. Ce qui se passe, c’est que nous sortons de la dette cachée et ne retournons pas dans le budget caché », a-t-il affirmé fermement.
Pour appuyer ses réserves, le député a conditionné tout débat à la mise à disposition immédiate de plusieurs documents clés d'audit et de suivi : Le rapport d'exécution budgétaire à fin septembre 2026 ; L’audit de l’IRESEN ; Le rapport Forbes Mazars et l’ensemble des pièces afférentes ; Le rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) sur la dette bancaire. L'élu a également exigé toute la lumière sur un montant de 300 milliards de francs CFA décaissés sans explications convaincantes.
 
L'accusation de « gonflage artificiel » du déficit
Au cœur du rejet de cette LFR figure la question critique de la sincérité budgétaire. Selon Amadou Ba, l’approche comptable adoptée par l’exécutif fausse gravement la réalité économique du pays.
« Lorsque vous inscrivez près de 800 milliards que vous n'avez pas exécutés, vous gonflez artificiellement le déficit. Nous disons que si vous le faites, le déficit sera de 6 %, et l'année prochaine vous atteindrez 3 %. Cela change totalement la donne dans la négociation de la restructuration de la dette », a averti l'honorable parlementaire.
 
Santé, Éducation et Social : des coupes budgétaires jugées inacceptables
C’est toutefois sur le terrain des investissements sociaux et des infrastructures que le plaidoyer d'Amadou Ba s'est fait le plus véhément. L'élu a dénoncé des réductions de crédits drastiques dans l'éducation de base (suppression d'écoles primaires) et la santé publiques.
Il a notamment révélé que l'enveloppe allouée aux projets stratégiques de construction de dix hôpitaux a été sabrée, passant de 50 milliards à seulement 8 milliards de francs CFA.
Interrogeant les choix de politique publique, le député a remis en question le modèle des transferts monétaires directs au détriment des investissements structurants : Allocation familiale vs Investissement à long terme : Rappelant qu'un montant de près de 500 milliards CFA est prévu pour les allocations familiales d'ici 2029, l'élu a dénoncé l'inefficacité de saupoudrer des montants équivalents à dix mille francs par jour qui « ne peuvent nourrir personne ». L'alternative de l'hydraulique rurale : Amadou Ba a plaidé pour la réorientation de ces centaines de milliards vers des infrastructures durables, telles que le raccordement gratuit à l'eau potable en milieu rural, afin de libérer définitivement les femmes et les familles de la pénibilité de la corvée d'eau.  
Un signal fort envoyé au gouvernement
En rejetant le projet de loi de finances rectificative pour 2026, l'Assemblée nationale contraint le gouvernement à revoir sa copie. Ce vote sanction marque un tournant dans le contrôle parlementaire de l'action gouvernementale, exigeant désormais une plus grande rigueur, une transparence totale sur l'état de la dette et une sanctuarisation des budgets de la santé, de l'éducation et de l'accès aux services essentiels.
Mardi 3 Novembre 2026
Amady Khalilou Diémé

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