Le village de Niankitte, situé dans la commune de Suelle, dans le département de Bignona, a célébré sa mémoire ce vendredi lors de la 4e édition du festival culturel qui lui est dédié.
Bakolong Badji Bassène né vers 1792, est monté au ciel en 1889 et n'est plus jamais redescendu. Il avait 97 ans. Il avait un frère, mais pas de femme ni d'enfant, raconte son petits-fils, Ibrahima Era Badji.
Quand le jour de quitter ce bas monde fut venu, il se rendit dans tous les villages environnants, Niankitte, Taloume, Diakoye, Sindian et Suelle pour en informer les habitants.
C'était un mardi, vers 1890 à 17h. Il avait demandé à tous ceux qui viendraient assister à son ascension d'apporter chacun du vin de palme et une feuille de tabac. Il rassembla ses invités sous l'arbre à palabres, tua un cochon pour préparer un repas qu'il leur servit, puis distribua tous ses biens.
Lorsque l'heure arriva, il demanda à ses proches d'attacher des feuilles de rônier sur ses épaules, et leur ordonna de battre le tam-tam et de danser. Il se joignit lui même à la danse.
Il s'envola une première fois jusqu'au niveau des toits des maisons, puis il redescendit. Une deuxième fois jusqu'à la hauteur des palmiers, puis il redescendit. Une troisième fois jusqu'au niveau des fromagers et il redescend encore. La quatrième fois, il annonça à l'assistance qu'il ne reviendrait plus.
Et au milieu des festivités, vêtu d'habits traditionnels et d'un pagne noir, il commença à s'élever doucement dans les airs comme un oiseau. Le ciel s'ouvre et il disparut définitivement dans les nuages sous les yeux de la foule. Personne ne le revit jamais. Cela fait maintenant plus d'un siècle.
Bakolong Badji Bassène était également doté de pouvoirs mystiques extraordinaires et dialoguait avec les esprits de la nature. Chaque année, avant l'hivernage, Niankite, son village, organise une cérémonie en son honneur pour demander une bonne saison des pluies, de belles récoltes et la paix dans le Fogny.