Le ciel de la Casamance s'est chargé d'une fumée épaisse le samedi dernier, marquant la fin de parcours pour des marchandises illicites pesant plusieurs milliards de francs CFA. Sous la supervision du Colonel Cheikh Diouf, Directeur régional des Douanes, cette opération d'incinération se veut un message de fermeté envoyé aux cartels et aux trafiquants qui tentent de faire du sud du pays une zone de transit.
Un brasier à 5,5 milliards de francs CFA
Le bilan des produits jetés au feu est édifiant. En une seule année (2025), les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont réussi à intercepter :
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5 tonnes de chanvre indien, estimées à 500 millions de FCFA.
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Une montagne de billets noirs d'une contre-valeur dépassant les 5 milliards de FCFA.
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Un stock de faux médicaments évalué à 9 millions de FCFA.
« Ces saisies sont le fruit d'une vigilance accrue et d'une synergie d'action sans faille entre la Douane, la Gendarmerie, l'Armée, la Police et les Eaux et Forêts », a martelé le Colonel Diouf. « Nous sommes dans une unité d'action pour faire face à la criminalité transnationale organisée. »
L'ombre de la cocaïne : 30 milliards en attente
Si le brasier d’aujourd'hui était impressionnant, le plus gros de la menace reste sous scellés. Le Colonel Diouf a révélé un chiffre qui donne la mesure de l'enjeu sécuritaire : 396,5 kg de cocaïne ont été saisis durant la même période.
D'une valeur marchande vertigineuse de 30,8 milliards de FCFA, cette drogue dure n'a pas été incinérée ce lundi pour des raisons de procédure, le dossier étant actuellement entre les mains du Parquet financier.
La Casamance, ligne de front contre les réseaux
L'ampleur de ces chiffres confirme que le sud du Sénégal est devenu une zone de confrontation majeure contre les flux illicites. Le phénomène de la drogue y est désormais une « réalité » brutale que les autorités tentent de juguler par un quadrillage plus serré du territoire.
En brûlant ces 5 tonnes de cannabis et ces milliards en faux billets, l'État sénégalais réaffirme sa détermination : la Casamance ne sera pas le sanctuaire du crime organisé. La bataille de 2025 est gagnée, mais la guerre contre les réseaux transnationaux, elle, se poursuit de plus belle.