Mandegane/ Bignona: Bakary Diédhiou interpelle le gouvernement sur le calendrier électoral, le barrage d'Afiñam et le pont Émile Badiane

Dans une récente intervention publique à l’occasion de la cérémonie de clôture des journées culturelles et sportives de Mandegane, village de la commune de Balinghor dans le département de Bignona, Bakary Diédhiou, député du département de Bignona et originaire de la commune de Balinghor, a dressé un tableau sans concession de la situation politique, agricole et infrastructurelle du pays, ciblant en particulier la gestion du pouvoir en place.


Calendrier électoral et « dilatoire » du pouvoir

La question du respect du calendrier républicain s'est invitée au cœur des préoccupations. Interrogé sur la position du Pastef, M. Diédhiou a tenu à recadrer le débat : le respect des échéances électorales ne relève pas d'une affaire exclusive de son parti, mais concerne l'ensemble des forces vives de la nation, partis politiques et société civile confondus.

 

Il a rappelé que la Constitution confère au seul président de la République le privilège de convoquer le corps électoral par décret. Or, à quelques mois de l'échéance des élections locales, aucun décret n’a encore été pris. Le député qualifie l'attitude du chef de l'État de « dilatoire », tout en rappelant ses obligations en tant que président en exercice de la CEDEAO et signataire du protocole additionnel sur la bonne gouvernance — texte qui enjoint d'initier ces procédures au moins six mois à l'avance pour clarifier les règles du jeu (parrainages, cautions, etc.).

 

M. Diédhiou soupçonne par ailleurs des manœuvres politiques — notamment le ralliement de maires de l'ancienne opposition (APR) — visant à reculer ou à reporter la tenue des élections municipales. Si le Pastef se dit prêt à des élections législatives en cas de dissolution de l'Assemblée nationale, le député exige avant tout le respect strict de la date des élections locales.


 

Barrage d'Afiñam et crise agricole dans les vallées de Casamance

Abordant ensuite les questions locales, le député est revenu sur le désenchantement des populations face au barrage d'Afiñam, dont les promesses de développement de la filière rizicole tardent à se concrétiser.

 

Malgré l'adhésion des populations locales au projet PDC-Vert (mené avec la Sodagri) et l'acceptation difficile du démembrement des parcelles pour permettre le passage des machines et tracteurs, le processus a été interrompu. Résultat : dans les vallées de Mandégane, de Bagaya ou de Diattok, les paysans ne peuvent pas cultiver cette année. Une situation alarmante qui, selon l'élu, risque d'entraîner de graves difficultés alimentaires. Il renvoie la pleine et entière responsabilité de cette crise imminente au gouvernement et au ministère de l'Agriculture.


 

Le casse-tête du pont Émile Badiane à Ziguinchor

Enfin, la question de la traversée entre Bignona et Ziguinchor a été posée avec acuité. Rappelant le lourd tribut payé par la Casamance dans l'histoire, notamment lors de la tragédie du Joola, M. Diédhiou a déploré l'enlisement du dossier du pont Émile Badiane.

 

Après le désengagement du consortium initial (composé d'entreprises chinoises et italiennes) en raison des coûts jugés trop élevés, le député estime que l'État ne peut se contenter de faire le constat impuissant d'un manque de financement. Alors qu'un budget initial de 40 milliards de francs CFA avait été évoqué, les querelles politiques et les tensions au sommet de l'État ont fini par alimenter le doute des populations, qui attendent désormais des actes concrets et un démarrage effectif des travaux.

Lundi 21 Septembre 2026
Amady Khalilou Diémé

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