Un mur de silence administratif
Depuis plusieurs mois, les membres du comité de veille tentent d’obtenir des éclaircissements sur le projet de lotissement de Diabir. Malgré des demandes formelles pour consulter l’arrêté ministériel n°02-911 du 3 septembre 2021 et le plan de lotissement approuvé, les citoyens se sont heurtés à un silence total.
« Ce silence traduit une absence regrettable de transparence dans la gestion d’un dossier d’intérêt public », a déploré Maleyni Diédhiou.
Face à cette opacité, le comité a mené sa propre enquête. Le rapport d'investigation qui en résulte est accablant : il pointe des violations systématiques du cadre légal.
Des irrégularités majeures et des risques sécuritaires
Le constat dressé par le comité de veille fait état d'un décalage profond entre le plan initial et la réalité du terrain. Parmi les griefs énumérés lors du point de presse, on retient :
La modification unilatérale du plan sans consultation des populations. La disparition d’infrastructures collectives et d'espaces verts, pourtant prévus à l'origine. La réduction illégale de la superficie des parcelles. La poursuite de ventes de terrains et de constructions anarchiques, et ce, malgré une mesure de suspension officielle du lotissement.
Plus inquiétant encore, l'occupation irrégulière des voies publiques et des zones de drainage expose désormais le quartier à des risques majeurs d'inondations. « Ces espaces ne sont pas de simples réserves foncières, ils sont essentiels à la sécurité et à la vie du quartier », a rappelé le porte-parole.
La justice saisie d'une plainte contre X
Le combat du comité de veille prend désormais une tournure judiciaire. Une plainte contre X a été déposée auprès du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor depuis le mois de mars dernier.
Le collectif précise que cette démarche n'est pas une attaque personnelle, mais une action citoyenne visant à protéger l'intérêt général. Le mot d'ordre est clair : « Diabir n'est pas un business, Diabir est un droit. »
Un appel à la mobilisation
En conclusion, Maleyni Diédhiou a lancé un appel solennel aux autorités pour qu'elles fassent respecter la loi et rétablissent le lotissement dans sa légalité initiale. Il invite également les habitants à rester vigilants et mobilisés pour la « justice foncière ».
Alors que les populations attendent désormais les suites de la procédure judiciaire, le quartier de Diabir devient le symbole d'une lutte plus vaste pour la transparence et la dignité urbaine en Casamance.