Entre nids-de-poule géants, cratères et chaussée cahoteuse, le quotidien des résidents du quartier Kénia est devenu un véritable parcours du combattant. La délabration de cet axe névralgique paralyse les activités économiques et perturbe gravement la mobilité des habitants.
Mais au-delà du simple désagrément logistique, c'est une crise sanitaire et humanitaire qui menace le quartier. L'évacuation des personnes souffrantes relève désormais du défi. « La population rencontre beaucoup de difficultés à mener ses activités. Les femmes enceintes peinent à accéder aux maternités pour accoucher et le quartier peine à évacuer ses malades », a déploré Christian F. Ndecky, porte-parole des populations de Kénia.
Un accès bloqué au centre psychiatrique Émile Badiane
La situation est d'autant plus critique que le quartier abrite l'un des établissements de santé majeurs de la zone. « C'est dans ce quartier que s'est implantée l'une des structures les plus importantes de la région, le centre psychiatrique Émile Badiane, dont l'accès est aujourd'hui extrêmement difficile », soulignent les habitants, indignés de voir une infrastructure médicale d'une telle envergure coupée du reste de la commune faute de route praticable.
Fatigués par des années de fausses promesses et d'annonces sans lendemain, les riverains estiment que la limite du supportable a été franchie. Réunis pour cette journée de mobilisation, ils ont lancé un appel solennel aux plus hautes instances du pays.
« Les habitants sont fatigués. Nous avons reçu pas mal de promesses d'année en année, mais rien ne change », regrette Christian F. Ndecky. Face à ce blocage, le collectif lance un cri du cœur direct : « Nous voulons faire passer un message à l'endroit du président de la République, Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, mais aussi à nos autorités municipales, pour qu'ils tournent leur regard vers Kénia et nous apportent enfin une solution. L'heure est venue pour que Kénia puisse changer. »
Alors que la saison des pluies risque d'aggraver encore davantage l'état de la chaussée, la balle est désormais dans le camp des autorités locales et gouvernementales. Les populations de Kénia, elles, espèrent que leur cri de détresse ne restera pas une fois de plus sans réponse.
