Une souveraineté retrouvée : La naissance de SEN Autoroute
Au cœur de cette mise en service se trouve une transformation structurelle majeure. L’exploitation de ce nouveau tronçon n’est plus confiée exclusivement à des intérêts privés étrangers, comme le prévoyait initialement un accord de 25 ans. Suite à une renégociation rigoureuse menée par le ministère des Transports, une nouvelle entité a vu le jour : SEN Autoroute.
Cette "Société de Projet" (SPV), dont l'État est l’actionnaire majoritaire, marque la première incursion publique directe dans l’exploitation autoroutière au Sénégal. « Cette renégociation nous a permis de récupérer la gestion opérationnelle », explique le Dr Ibrahima Sall, soulignant que cette démarche garantit une meilleure maîtrise nationale sur les flux et les revenus générés par ces infrastructures vitales.
Priorité au recrutement local et à l'expertise
Sur le plan social, l’accent a été mis sur l’ancrage territorial. Pour les postes stratégiques de receveurs, la priorité a été donnée aux populations riveraines du tronçon. Ce choix de recrutement local vise à ce que l'autoroute soit un moteur économique direct pour les localités qu’elle traverse.
Le Dr Ibrahima Sall assure que l’ensemble des équipes est d’ores et déjà recruté et formé, prêt à garantir un service de qualité dès l'ouverture des barrières.
L'innovation au service de l'usager
Pour cette ouverture, le réseau autoroutier se digitalise et se modernise à travers plusieurs nouveautés :
ADS Mobilité : Une application mobile (disponible sur Apple Store et Play Store) permettant de recharger les cartes de péage à distance et d’effectuer des appels d’urgence. Transition Énergétique : L'installation de bornes de recharge pour véhicules électriques à Thiadiaye, après celles de Diamniadio (Jambor) et Diass (Soud), avec une extension prévue vers Touba. Assistance : La mise en place d'un numéro vert dédié pour une intervention rapide en cas de difficulté sur les voies.
Fluidité totale : Le pari de l'interopérabilité
L'annonce phare de cette mise en service reste l'instauration d'un système fermé et interopérable. Concrètement, un usager peut désormais parcourir près de 150 kilomètres sans rencontrer de barrière de péage intermédiaire.
« Si vous badgez à Kirène et que vous allez à Thiadiaye ou Kaolack, vous ne payez qu'à la sortie », précise le Directeur Général. Grâce à l'interopérabilité, les cartes déjà existantes sur le réseau (comme la carte Rapido/Khéweul) restent valables sur ce nouveau tronçon. Ce gain de temps et cette fluidité accrue promettent de transformer radicalement l'expérience des voyageurs vers le centre et le sud du pays.
Avec cette inauguration, le Sénégal ne se contente pas de bitumer des kilomètres ; il affirme sa volonté de gérer ses ressources avec modernité et de placer l’usager au centre de sa stratégie de transport.