Crise interne au PASTEF à Bignona : Les femmes du Mojip rejettent la nomination d'une « intruse » et exigent le respect de la base

Réunies ce lundi 29 juin 2026, les coordonnatrices communales du Mouvement des Djiguènes Pastef (Mojip) du département de Bignona sont montées au créneau. Par la voix de leur porte-parole du jour, Mame Binta « Bibi » Djiba, elles contestent avec véhémence la désignation d'un « point focal » par la direction nationale des femmes du parti et dénoncent un déni de démocratie interne.


Le département de Bignona, bastion historique du PASTEF, traverse une zone de turbulences politiques. Le point de discorde ? Un communiqué daté de juillet 2024, mais récemment brandi par Mme Maïmouna Diéyou (également appelée Maïmounaïki), responsable nationale, actant la nomination de Mme Awa Songo comme « point focal » pour diriger le Mojip départemental. Une décision jugée unilatérale et « inadmissible » par les militantes de la base.
 
Un bureau légitime déjà installé depuis 2023
Lors d'un point de presse très encadré, documents et preuves à l'appui, Mame Binta « Bibi » Djiba, coordonnatrice du Mojip de Thionck-Essyl, a tenu à rappeler la régularité des instances locales. Selon elle, le département de Bignona a été le seul à appliquer rigoureusement la circulaire de septembre 2022 relative au renouvellement des instances.
« En février 2023, sous la supervision de Mme Mbemfeï, secrétaire générale du Bureau national du Mojip et vice-présidente de l'Assemblée nationale, ainsi que de Mme Fatou Bintou, responsable de la zone Sud, nous avons installé un bureau départemental complet, dirigé par Mme Ndayessor Nogyan Badji », a martelé la porte-parole.
Pour les contestataires, le poste de coordonnatrice départementale n'est donc pas vacant. De plus, le coordonnateur départemental du parti, le ministre Yanko Baguiamé, a affirmé aux frondeuses « n'avoir jamais vu l'ombre d'un document » l'informant de la nomination de ce nouveau point focal, renforçant le sentiment d'une décision prise en catimini.
 
Une réunion interdite qui met le feu aux poudres
Le conflit a éclaté au grand jour lorsque les coordonnatrices ont planifié une rencontre pour analyser l'actualité politique et relancer la campagne de massification du parti (qui vise 1 million d'adhérents et 10 000 cellules). Bien qu'informée par courrier le 18 juin dernier, la hiérarchie nationale — par l'intermédiaire de Mme Maïmouna Diéyou — aurait opposé une fin de recevoir, tentant d'interdire le rassemblement des femmes.
« Aussi importante que puisse être sa fonction, elle n'a aucun droit d'interdire une rencontre dont l'ordre du jour va dans le sens d'une mobilisation forte des femmes », a répliqué fermement Mame Binta Djiba.
 
L'appel à Ousmane Sonko : « Le PASTEF n'est pas né pour reproduire les pratiques du passé »
S'exprimant avec gravité, la porte-parole a rappelé l'ADN du parti au pouvoir. Elle estime que le parti ne doit pas sombrer dans le favoritisme ou le parachutage politique qu'il a autrefois combattu dans l'opposition.
« Le PASTEF est né pour rétablir la démocratie interne, faire respecter les textes, donner la parole à la base et mettre fin aux décisions imposées. Notre opposition ne vise pas une personne [Mme Awa Songo], elle vise une manière de faire qui fragilise la confiance des militants. »
Tout en réaffirmant leur « fidélité totale » envers le président du parti, Ousmane Sonko, et envers le « Projet », les femmes du Mojip de Bignona rappellent que la loyauté n'est pas synonyme de soumission aveugle. Elles lancent un appel solennel à la direction nationale pour l'ouverture immédiate d'un cadre de concertation afin de geler cette nomination et de laisser la démocratie interne s'exprimer.
« Les hommes passent, les fonctions passent, les principes quant à eux demeurent », a conclu Mme Djiba. L'arbitrage de la haute direction du parti est désormais attendu pour éteindre ce début d'incendie dans le Sud.
Lundi 29 Juin 2026
Amady Khalilou Diémé

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