« On ne peut pas numériser le vide »
Pour Alain Fiack Badji, président du Syndicat d'Initiative du Tourisme de la région de Ziguinchor, la transition numérique ne saurait masquer l'urgence des problèmes infrastructurels.
« Cette intelligence artificielle nous permet de raconter nos histoires, mais il faut se focaliser sur le physique. On ne peut pas numériser le vide. »
— Alain Fiacre Badji
L'accès à la région demeure un véritable parcours du combattant. Sur le plan aérien, M. Badji interpelle directement les compagnies clés telles qu'Air Sénégal et Transair, dénonçant un manque de ponctualité et des tarifs prohibitifs. Voyager vers Ziguinchor ou Cap Skirring s'avère aujourd'hui souvent plus coûteux que de s'envoler vers des destinations internationales.
Le constat est tout aussi amer sur le plan maritime : la desserte Dakar-Ziguinchor repose actuellement sur un unique navire, alors que la liaison en comptait trois auparavant (Aline Sitoé Diatta, Aguène et Diambogne). Quant au réseau terrestre, l'état dégradé des axes routiers — à l'image du tronçon Ziguinchor-Kafountine — aggrave davantage le désenclavement. Conséquence directe de cette crise d'accessibilité : de nombreux établissements hôteliers emblématiques de la zone, tels que Le Royal ou l'hôtel De Kabrousse, ont été contraints de fermer leurs portes.
Le cri du cœur des hôteliers : un problème de liaisons et de prix
Même constat d'urgence du côté d'Anthony Tito Diatta, propriétaire de l'hôtel La Paillote à Cap Skirring. S'il salue la tenue de la visite ministérielle, il attend désormais des actes concrets.
« On a l'habitude de ces beaux discours, mais rien ne se fait. Aujourd'hui, il n'y a même pas de correspondance adaptée entre Dakar et Cap Skirring, et nous en souffrons énormément. »
— Anthony Tito Diatta
Parmi les solutions préconisées par les professionnels du secteur : Un réalignement des horaires de vol : Ajuster les départs d'Air Sénégal depuis Dakar sur les arrivées des vols internationaux (comme Air France ou Brussels Airlines) afin de permettre des correspondances fluides vers la Casamance. La simplification des réservations : Rendre les billets d'avion et de bateau réservables facilement depuis l'étranger. Une révision de la fiscalité aéroportuaire : Corriger le coût d'accès aux aéroports sénégalais, jugé bien plus élevé que celui des pays voisins comme la Gambie. Faute de tarifs compétitifs, 90 % de la clientèle à destination de la région transite actuellement par l'aérodrome gambien.
Démystifier et promouvoir le tourisme local
Au-delà de la clientèle internationale, la relance du secteur passe impérativement par le marché national. Alain Fiack Badji et Anthony Tito Diatta s'accordent sur la nécessité d'encourager les Sénégalais à visiter leur propre pays.
Une idée reçue persiste : séjourner à l'hôtel en Casamance nécessiterait des millions de francs CFA. Les hôteliers rappellent qu'avec un budget de 300 000 à 500 000 FCFA, il est tout à fait possible de passer des vacances d'exception au Cap Skirring.
Face aux attentes pressantes du secteur, les autorités ont assuré que l'ensemble des doléances avait été consigné. Les acteurs de la Casamance espèrent désormais que 2026 marquera le tournant d'une politique touristique pragmatique et désenclavante.
Pour Alain Fiack Badji, président du Syndicat d'Initiative du Tourisme de la région de Ziguinchor, la transition numérique ne saurait masquer l'urgence des problèmes infrastructurels.
« Cette intelligence artificielle nous permet de raconter nos histoires, mais il faut se focaliser sur le physique. On ne peut pas numériser le vide. »
— Alain Fiacre Badji
L'accès à la région demeure un véritable parcours du combattant. Sur le plan aérien, M. Badji interpelle directement les compagnies clés telles qu'Air Sénégal et Transair, dénonçant un manque de ponctualité et des tarifs prohibitifs. Voyager vers Ziguinchor ou Cap Skirring s'avère aujourd'hui souvent plus coûteux que de s'envoler vers des destinations internationales.
Le constat est tout aussi amer sur le plan maritime : la desserte Dakar-Ziguinchor repose actuellement sur un unique navire, alors que la liaison en comptait trois auparavant (Aline Sitoé Diatta, Aguène et Diambogne). Quant au réseau terrestre, l'état dégradé des axes routiers — à l'image du tronçon Ziguinchor-Kafountine — aggrave davantage le désenclavement. Conséquence directe de cette crise d'accessibilité : de nombreux établissements hôteliers emblématiques de la zone, tels que Le Royal ou l'hôtel De Kabrousse, ont été contraints de fermer leurs portes.
Le cri du cœur des hôteliers : un problème de liaisons et de prix
Même constat d'urgence du côté d'Anthony Tito Diatta, propriétaire de l'hôtel La Paillote à Cap Skirring. S'il salue la tenue de la visite ministérielle, il attend désormais des actes concrets.
« On a l'habitude de ces beaux discours, mais rien ne se fait. Aujourd'hui, il n'y a même pas de correspondance adaptée entre Dakar et Cap Skirring, et nous en souffrons énormément. »
— Anthony Tito Diatta
Parmi les solutions préconisées par les professionnels du secteur : Un réalignement des horaires de vol : Ajuster les départs d'Air Sénégal depuis Dakar sur les arrivées des vols internationaux (comme Air France ou Brussels Airlines) afin de permettre des correspondances fluides vers la Casamance. La simplification des réservations : Rendre les billets d'avion et de bateau réservables facilement depuis l'étranger. Une révision de la fiscalité aéroportuaire : Corriger le coût d'accès aux aéroports sénégalais, jugé bien plus élevé que celui des pays voisins comme la Gambie. Faute de tarifs compétitifs, 90 % de la clientèle à destination de la région transite actuellement par l'aérodrome gambien.
Démystifier et promouvoir le tourisme local
Au-delà de la clientèle internationale, la relance du secteur passe impérativement par le marché national. Alain Fiack Badji et Anthony Tito Diatta s'accordent sur la nécessité d'encourager les Sénégalais à visiter leur propre pays.
Une idée reçue persiste : séjourner à l'hôtel en Casamance nécessiterait des millions de francs CFA. Les hôteliers rappellent qu'avec un budget de 300 000 à 500 000 FCFA, il est tout à fait possible de passer des vacances d'exception au Cap Skirring.
Face aux attentes pressantes du secteur, les autorités ont assuré que l'ensemble des doléances avait été consigné. Les acteurs de la Casamance espèrent désormais que 2026 marquera le tournant d'une politique touristique pragmatique et désenclavante.