Crise des pirogues à Cacheu : Un accord trouvé, les pêcheurs sénégalais bientôt fixés

Après six jours d'incertitude en territoire bissau-guinéen, les dix pirogues originaires de Cap-Skirring devraient être restituées ce lundi. Un dénouement rendu possible grâce à une médiation de l'UNAPAS, moyennant le paiement d'une amende de 5 millions de FCFA.


L'épilogue est proche pour les pêcheurs de Cap-Skirring. Arraisonnées le mardi 20 janvier dernier à Cacheu, en Guinée-Bissau, les dix embarcations sénégalaises devraient retrouver leurs propriétaires dès aujourd'hui. Selon les informations rapportées par L’Observateur, un terrain d'entente a été trouvé entre les autorités bissau-guinéennes et les médiateurs de l’Union nationale des pêcheurs artisanaux du Sénégal (UNAPAS).
Une amende de 5 millions de FCFA pour la libération

Les négociations, bien que qualifiées de « cordiales » par les parties prenantes, n'en ont pas moins été serrées. Les médiateurs sénégalais espéraient initialement une sanction financière comprise entre 3 et 4 millions de FCFA. Toutefois, les autorités de Bissau se sont montrées fermes, exigeant finalement le versement d'une somme globale de 5 millions de FCFA pour clore le dossier.

Pour rappel, les griefs retenus contre les pêcheurs sénégalais étaient au nombre de deux :

Défaut de licence de pêche pour opérer dans les eaux territoriales bissau-guinéennes.

Usage de filets mono-filaments, un équipement strictement interdit dans cette zone en raison de son impact sur la biodiversité marine. Calvaire et soulagement à Cap-Skirring

Si le matériel est resté immobilisé à Cacheu sous la surveillance des garde-côtes, les 27 pêcheurs qui composaient les équipages ont déjà pu regagner le Sénégal. Un retour marqué par la fatigue et le traumatisme de cette détention temporaire.

« Je dois avouer que nos compatriotes pêcheurs ont beaucoup souffert depuis le jour où les garde-côtes bissau-guinéens ont arraisonné leurs "navires" », a confié Madiarra Lakhoun, président de la section locale de l’UNAPAS.
Une leçon pour la pêche artisanale ?

Cet incident remet en lumière les risques encourus par les pêcheurs artisanaux sénégalais qui franchissent les frontières maritimes sans les autorisations nécessaires. Si l'issue est ici « heureuse », elle se traduit néanmoins par une perte financière conséquente pour les propriétaires d'embarcations, déjà fragilisés par la raréfaction de la ressource halieutique.

Le versement de l'amende prévu ce lundi devrait permettre de lever définitivement les scellés et de ramener les pirogues vers les côtes sénégalaises dans les prochaines heures.

Lundi 26 Janvier 2026
Amady Khalilou Diémé

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