Le surplace de la commission de régularisation des agents
Le premier point de discorde repose sur la situation contractuelle des travailleurs de la structure. En janvier dernier, le Conseil d’administration avait pourtant instruit la direction du CROUS de mettre en place une commission de régularisation des agents. Un budget avait même été voté et alloué à cet effet.
Malgré cela, la direction est accusée de « tergiverser » depuis près de six mois.
« Il y a des agents qui cumulent deux à trois contrats à durée déterminée (CDD). D’autres ont passé sept à dix ans ici sans être régularisés. Nous ne tolérerons pas que ces travailleurs soient sacrifiés », martèle Landind Goudiaby, secrétaire général du syndicat Syntras et délégué du personnel du CROUS.
Interpellée par écrit à la fin du mois de février, la direction aurait renvoyé les délégués à la fin imminente de leur mandat, esquivant ainsi le dialogue social.
Des élections syndicales sur fond de tensions politiques
Pour le syndicat, l'inertie de la direction cachait un calcul électoraliste : attendre les élections professionnelles du 31 mai dernier dans l'espoir de voir triompher des syndicats plus dociles, réputés favorables à l'administration.
Cependant, le verdict des urnes est venu contrecarrer ces plans : la liste SSESU est sortie majoritaire en récoltant 221 voix.
Malgré cette victoire nette, le bras de fer s'est déplacé sur le terrain de la gouvernance administrative. La direction et le Président du Conseil d’administration (PCA) sont aujourd'hui accusés de vouloir « confisquer » le siège revenant à la liste majoritaire au sein du Conseil d'administration.
Que disent les textes ?
Selon les représentants syndicaux, les règles de représentativité au CA sont limpides :
• D'office : Les deux syndicats les plus représentatifs y siègent automatiquement.
• Par élection : Les deux autres sièges doivent émaner d'un choix libre et démocratique des travailleurs.
« C’est au personnel de choisir ses représentants, ce n'est ni à la direction, ni au PCA de les imposer », rappelle le secrétaire général pour justifier le boycott récent d’une rencontre convoquée par l'administration.
Soupçons de recrutements népotiques sur fond de transition
Derrière ce blocage institutionnel, la liste SSESU suspecte des manœuvres aux motivations purement politiques. Dans un contexte de transition et d'instabilité, les syndicalistes accusent la direction de vouloir installer ses « hommes de paille » au Conseil d’administration afin de valider des recrutements partisans et népotiques, au détriment des employés historiques de la maison.
Face à ce qu’ils qualifient de « démarche partisane », les délégués du personnel ont lancé un appel pressant au nouveau ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation pour qu'il s'saisisse immédiatement du dossier afin de garantir la transparence et de faire respecter les droits des travailleurs.
Déterminés à faire face à cette « forfaiture », Landind Goudiaby et ses camarades préviennent que ce point de presse n'est qu'une première étape d'alerte, promettant de dérouler un plan d'action plus robuste dans les jours à venir si la situation n'évolue pas.