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Crise à l’Université Assane Seck de Ziguinchor : Le SAES décrète 48h de débrayage

ZIGUINCHOR – Le climat social s'alourdit à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). La section locale du Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SAES) a annoncé un arrêt de travail de 48 heures, effectif dès ce lundi 2 février 2026. Entre retards de salaires et infrastructures défaillantes, les enseignants dénoncent un mépris de leur dignité professionnelle.


Crise à l’Université Assane Seck de Ziguinchor : Le SAES décrète 48h de débrayage

Rien ne va plus sur le campus de Ziguinchor. Face à ce qu'ils qualifient de « récidive administrative », les enseignants de l'UASZ ont décidé de croiser les bras. Ce mouvement d'humeur, prévu pour lundi et mardi, se veut un avertissement ferme adressé aux autorités universitaires. 

 

Le salaire : « Un dû sacré » bafoué

Le principal point d'achoppement reste le retard chronique du versement des émoluments. Après une crise similaire en décembre dernier, où les salaires n'avaient été perçus que le 5 janvier, la situation se répète en ce début de mois de février. 

 

« Le salaire est un dû. L'administration a encore récidivé. Aujourd'hui qu'ils remettent ça, nous aussi nous allons remettre ça », a martelé Moussa Diallo, membre de la section SAES-UASZ. 

 

Des bureaux « Fessmann » transformés en étuves

Au-delà de la question financière, les conditions matérielles de travail sont jugées « invivables ». Le syndicat pointe du doigt l'état de délabrement des bureaux dits « Fessmann ». Ces structures métalliques sont privées d'électricité et de climatisation depuis près de cinq mois, suite à un vol de câbles jamais réparé. 

Sous la chaleur écrasante de la Casamance, ces conteneurs deviennent de véritables fournaises dès le milieu de la journée, rendant tout travail de recherche ou d'encadrement impossible. Pour le SAES, l'inertie de l'administration face à ce problème technique mineur est le symbole d'un abandon manifeste des personnels. 

 

L'excellence académique en attente de reconnaissance

Enfin, le malaise est profond concernant la gestion des carrières. Plusieurs enseignants, brillamment admis au concours du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES) l'année dernière, attendent toujours leur alignement administratif et financier. Ce blocage prive les lauréats des avantages liés à leur nouveau rang et témoigne, selon le syndicat, d'un manque de considération pour l'avancement de l'élite universitaire. 

 

Un simple « avertissement »

Ce débrayage de 48 heures n'est qu'un premier acte. Le SAES prévient que si les autorités de tutelle ne proposent pas de solutions concrètes et immédiates pour les salaires, les infrastructures et les carrières, le mouvement pourrait se durcir. « C'est une alerte », préviennent les syndicalistes, qui se disent prêts à passer à la « vitesse supérieure » pour paralyser l'institution si nécessaire.

Dimanche 1 Février 2026
Amady Khalilou Diémé