Par la voix de son secrétaire général adjoint chargé de la communication et de la conscience territoriale, Mamadou Diop Thioune, l’Océanium a tenu à clarifier la situation juridique et administrative de l'association depuis Ziguinchor. L'objet de cette prise de parole publique fait suite aux événements du 14 février dernier, date à laquelle Birahim El Ali avait convoqué une assemblée générale parallèle pour s’autoproclamer président de l’organisation.
L’exclusion de Birahim El Ali actée par le ministère de l’Intérieur
La réplique des instances régulières de l'association ne s'est pas fait attendre. « Par le respect de nos procédures, nous avons tenu une assemblée générale qui a été validée et déclarée au niveau du ministère de l’Intérieur », a martelé Mamadou Diop Thioune. Cette démarche a permis de reconduire officiellement M. Haïdar El Ali à la présidence.
Dans un communiqué officiel, le comité directeur de cette association étrangère d’utilité publique, immatriculée au Sénégal sous l’arrêté n°2205-26-01556, a formellement notifié l’opinion nationale et internationale, ainsi que ses partenaires techniques et financiers, de l’exclusion définitive de M. Birahim El Ali.
« Toutes ses procurations sont révoquées. Il ne peut plus agir ni représenter l’Océanium dans ses programmes et projets sur l’ensemble du territoire national », précise le communiqué. Cette mesure de radiation s’étend également à l'ensemble des travailleurs de la base opérationnelle de reboisement ayant pris part à la fronde de Ziguinchor.
Haïdar El Ali : « Je suis debout et je viens reprendre mes droits »
Prenant la parole, le président Haïdar El Ali, figure emblématique de la lutte environnementale en Afrique de l'Ouest, est apparu déterminé à tourner la page de cette dissidence qu'il qualifie de trahison. « Il y a des gens que j’ai nourris de mon sang, que j’ai formés de ma sueur pendant des années (...) et qui se sont sentis le droit d’usurper mes fonctions sous prétexte que je serais trop vieux ou impotent », a-t-il regretté avec amertume.
Reconnaissant porter encore les stigmates physiques d'un récent accident, il a balayé d'un revers de main les arguments de ses détracteurs : « J'ai mal aux pieds, mais cela ne fait pas de moi un impotent. Je viens réclamer mes droits. Je suis à nouveau debout et je vais continuer à me battre pour l’environnement. »
Avec cette réinstallation officielle, l'Océanium s'apprête à relancer l'ensemble de ses activités sur le terrain à travers le déploiement de nouvelles directions techniques.
Alertes écologiques : Le spectre d'un El Niño historique et le pillage des ressources maritimes
Fidèle à ses engagements, le président de l’Océanium a profité de cette tribune pour alerter les autorités et les populations sur les périls climatiques immédiats. Revenant tout juste d’une mission à Koyli Alpha (département de Djolof), où il a constaté des températures extrêmes de 46 degrés à l’ombre, Haïdar El Ali a prévenu qu'un choc climatique majeur se profile.
« Cette année, nous aurons un changement climatique très important appelé El Niño. Un phénomène d'une puissance inédite depuis 50 ans », a-t-il averti, liant cette sévérité à l'incapacité collective à stopper les pilleurs de forêts.
Le leader écologiste n'a pas non plus mâché ses mots à l'encontre de la gestion passée des ressources halieutiques, fustigeant l'attribution massive de licences de pêche juste avant le départ de l'ancienne ministre du secteur. « Au moment où on la destitue, elle vend une centaine de licences. Vraiment, quelle inconscience ! », s'est-il indigné.
Un appel au sursaut citoyen et au reboisement
En guise de conclusion, Haïdar El Ali a déploré le manque d'initiative locale face aux opportunités de développement durable. Il a notamment révélé que l'Océanium dispose actuellement de centaines de plants de palmiers Tenera prêts à être distribués gratuitement, mais que les demandeurs se font rares.
« C'est quand même honteux. Le palmier Tenera produit 25 litres d’huile de palme [par an], vendue à 1500 francs le litre. Nous les donnons gratuitement, mais personne ne vient les prendre », a-t-il regretté, appelant les populations à s'engager activement dans l'action plutôt que dans l'attentisme.
L’Océanium ouvre ainsi un nouveau chapitre de son histoire, marqué par le retour de son mentor et une volonté réaffirmée de se positionner en première ligne des crises écologiques majeures qui secouent le Sénégal.