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Crise à l'Hôpital de la Paix de Ziguinchor : L'Intersyndicale entre en action pour exiger des réponses concrètes

Ziguinchor — La situation sanitaire prend une tournure critique dans la région australe du pays. Face à la persistance de dysfonctionnements majeurs et à l'enlisement de leurs doléances, l'Intersyndicale de l'Hôpital de la Paix de Ziguinchor — regroupant le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES), le Syndicat National des Travailleurs de la Santé (SINTRAS) et le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l'Action Sociale (SUPSAS) — est montée au créneau.


Dans un communiqué officiel lu par le Docteur Ousmane Diba, Secrétaire Général de la section SAMES et Coordonnateur de l'Intersyndicale, les représentants du personnel dressent un tableau alarmant de la gestion et du fonctionnement de l'établissement.
 
Un hôpital au bord de l'asphyxie
Malgré plus d'une année de privilège accordé au dialogue, à la concertation et aux alertes répétées, l'Intersyndicale déplore l'installation durable de difficultés structurelles. Parmi les griefs soulevés qui impactent directement la qualité de la prise en charge des populations de la Casamance, on note :
  • Des défaillances lourdes au plan diagnostique et technique : Ruptures récurrentes d'explorations biologiques indispensables, pannes prolongées de scanners (plus de six mois d'arrêt), non-fonctionnement de la radio-numérique télécommandée et de la radiographie panoramique dentaire, sans oublier l'attente prolongée — plus de trois ans — pour la livraison de la seule IRM prévue pour toute la région.
  • Une gouvernance et des conditions de travail décriées : Insuffisance d'équipements médicaux et de bureaux dans les services, opacité dans la gestion financière, matérielle et humaine, et non-respect des normes de radioprotection au bloc opératoire et en imagerie.
  • Des droits sociaux et financiers malmenés : Paiement irrégulier des indemnités, primes, astreintes et motivations hospitalières, ainsi que la non-régularisation des cotisations sociales dues à l'IPRES et à la Caisse de Sécurité Sociale.
  • Un déficit chronique en personnel : Absence de réponses adéquates aux besoins de recrutement et d'affectation dans les services déficitaires.
 
Une plateforme revendicative axée sur 22 points
L'Intersyndicale insiste sur le fait que ses revendications — articulées autour de 22 points majeurs — ne relèvent ni du confort ni d'une quelconque considération corporatiste, mais touchent à la sécurité des soins et à la dignité des travailleurs.
Les exigences portent notamment sur :
  • La disponibilité permanente des examens biologiques indispensables.
  • La remise en service rapide des équipements d'aide au diagnostic.
  • La réévaluation transparente de la dette globale de l'hôpital et la régularisation des cotisations sociales.
  • Le renforcement des effectifs et le recrutement d'un auditeur interne.
  • L'amélioration des conditions d'hygiène, de sécurité et de gestion des déchets biomédicaux.
 
Un plan d'action progressif enclenché
Tout en réaffirmant que le dialogue reste la voie privilégiée, l'Intersyndicale avertit que celui-ci doit déboucher sur des résultats mesurables. Faute de réponses concrètes, précises et formalisées de la part des autorités administratives et sanitaires, un plan d'action strict est déployé dans le cadre des préavis déposés pour la période allant du 1er juillet au 30 décembre 2026 :
  • Lundi 17 août 2026 : Sitting de 9h à 13h, assemblée générale, port de brassards rouges et point de presse.
  • Mardi 18 et Mercredi 19 août 2026 : Port de brassards rouges.
  • Jeudi 20 août 2026 : Grève générale.
  • Vendredi 21 août 2026 : Évaluation en intersyndicale.
  • Mardi 25 et Mercredi 26 août 2026 : Grève générale.
  • Vendredi 28 août 2026 : Évaluation en intersyndicale.
  • Lundi 30 août 2026 : Sitting de 10h à 12h et évaluation avec la base en vue d'une adaptation potentielle du plan d'action.
L'Intersyndicale tient toutefois à rassurer les usagers : l'ensemble de ces mouvements sera conduit dans le strict respect des urgences et du service minimum, réaffirmant sa détermination indéfectible à défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs de la santé.
Lundi 17 Août 2026
Amady Khalilou Diémé